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u Bourg-d’Iré (Maine-et-Loire), une culture de la contestation imprègne les vieilles pierres de ce village de près de 900 habitants rattaché, depuis 2016, à la commune nouvelle de Segré-en-Anjou-Bleu. A la fin des années 1980, la bourgade s’était fortement mobilisée contre la création d’un centre d’enfouissement de déchets nucléaires. Plus récemment, entre 2016 et 2019, c’est un miniparc éolien qui souleva la colère de la population.

Un nouveau projet d’aménagement – d’un tout autre genre – est aujourd’hui vivement contesté par une partie des habitants : un pumptrack. Sans équivalent en français, ce terme désigne une piste de vélo, composée de bosses et de virages relevés, destinée à une pratique très œcuménique, de la draisienne pour débutants au BMX pour ados. L’équipement n’est pas encore sorti de terre qu’il déchire Le Bourg-d’Iré, où plusieurs banderoles clamant « Non au pumptrack » ont été accrochées.

En cause : l’emplacement retenu, dans un petit parc au charme indéniable. Les riverains sont furax : ils estiment que la piste en boucle, longue de 75 mètres et en partie bétonnée, défigurera l’image de « carte postale » du village et affectera la vocation de l’ancien parc du presbytère où barbecues, parties de pêche et moments de convivialité font bon ménage lors des beaux jours. Ils en veulent à la maire déléguée, Magali Boultoureau, de ne pas les avoir consultés en amont et d’avoir appris l’existence du projet en visionnant la retransmission d’un conseil municipal sur YouTube.