Le retour de la gauche au pouvoir ? Ou l’entrée fracassante de l’extrême droite au gouvernement ? Des millions de Suédois votent dimanche pour des élections législatives cruciales, à l’issue très incertaine.« Je pense que ça va être très serré, c’est très intéressant », estime Ingrid Rudien, croisée par l’Agence France-Presse (AFP) à la sortie d’un bureau de vote en banlieue de la capitale, Stockholm.« Mais je ne sais pas trop ce que cela signifie pour la Suède : il se pourrait que la moitié de la population soit opposée au gouvernement qui va prendre ses fonctions », confie la sexagénaire, un brin inquiète.Les sondages lui donnent raison, avec les deux blocs dans un mouchoir de poche.« Rendre à la Suède sa grandeur »Il y a d’un côté la sociale-démocrate Magdalena Andersson, éphémère première ministre (2021-2022) au caractère bien trempé, qui rêve d’un retour à la tête du gouvernement.Elle a été l’une des premières à se presser à son bureau de vote dimanche matin, accompagnée de son mari, dans un gymnase de sa commune.« Nous devons nous unir pour rendre notre pays plus fort », a-t-elle lancé aux journalistes après avoir glissé son bulletin dans l’urne.La quinquagénaire a surfé en tête des sondages durant plusieurs mois dans une campagne dominée par les questions de santé et de pouvoir d’achat.En face : Ulf Kristersson, l’actuel premier ministre de droite, qui se prend depuis peu à croire à un nouveau mandat.L’objectif pour le dirigeant de 62 ans ? Avoir quatre ans de plus pour « rendre à la Suède sa grandeur », a-t-il déclaré à l’AFP dans un clin d’œil à la célèbre formule du président américain Donald Trump.De longs mois durant, sa coalition gouvernementale, constituée en 2022 et alliée avec l’extrême droite au Parlement, a été donnée perdante face au bloc de gauche — avant de connaître un nouvel élan, dans les tout derniers jours de la course.« Je pense qu’il y a un vrai enthousiasme autour de l’idée que nous poursuivions notre travail important », a affirmé le dirigeant, venu voter avec sa femme, sa fille et son chien, à l’AFP.ABBA revisite un tubeUn des principaux arguments de l’opposition contre sa candidature est l’entrée de l’extrême droite au gouvernement.Le premier ministre Ulf Kristersson s’est engagé à faire entrer les Démocrates de Suède, un parti d’extrême droite, dans son gouvernement en cas de victoire aux législatives.« C’est donc désormais au peuple suédois de décider », a lancé Magdalena Andersson dimanche. « Préfèrent-ils un gouvernement dirigé par moi ? Ou entièrement dominé » par l’extrême droite ?La question a mobilisé certaines des personnalités les plus connues de Suède.