En quelques mois, la croissance attendue en France aura été révisée trois fois à la baisse pour être finalement divisée par deux. Vendredi 11 septembre, le gouvernement a ramené sa prévision à 0,5 % pour 2026 contre 1 % en début d’année. La veille, l’Insee avait livré un diagnostic encore plus pessimiste avec une hausse du PIB limitée à 0,4 %, bien en dessous de celle des autres grandes économies de la zone euro. La France ne fait pas que ralentir. Elle menace de décrocher.

Le plus préoccupant est que ce décrochage ne peut pas être entièrement mis sur le compte des circonstances extérieures. Guerre au Moyen-Orient, renchérissement des prix de l’énergie, incertitudes géopolitiques, taux d’intérêt élevés : les autres grandes économies européennes y sont confrontées elles aussi. Aucune, à l’exception de l’Espagne, ne prospère franchement, mais toutes, même modestement, absorbent le choc. La France, elle, marque le pas. Le pays souffre donc aussi de faiblesses spécifiques, que la dégradation de la conjoncture ne fait qu’amplifier.

Certes, la canicule a pesé sur l’agriculture, les travaux publics ont subi le contrecoup du cycle électoral municipal et le marché du travail se dégrade. Mais ces facteurs conjoncturels ne doivent pas masquer une faiblesse plus profonde : les moteurs de la croissance s’essoufflent. Le pouvoir d’achat recule, la consommation piétine et l’investissement des entreprises repart à la baisse.