Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Mathématiques Mathématiques Mathématiques Tribune Collectif En dépit des prouesses mathématiques réalisées par l’intelligence artificielle, un collectif rassemblant 25 lauréats de la médaille Fields s’inquiète, dans une tribune au « Monde », du tort causé par ces technologies à leur discipline. Publié aujourd’hui à 20h00 Temps de Lecture 4 min. Read in English Article réservé aux abonnés Au cours des derniers mois, les capacités mathématiques des grands modèles de langage (LLM, Large Language Model) se sont considérablement améliorées, au point qu’ils peuvent résoudre d’importantes questions restées sans réponse dans une multitude de domaines des mathématiques. Cependant, s’appuyer, comme le font les entreprises d’intelligence artificielle (IA), sur la résolution de problèmes mathématiques complexes pour démontrer la valeur de leurs produits nuit à la science mathématique et à la communauté des mathématiciens. Force est désormais d’admettre que les objectifs des entreprises d’IA et ceux de la communauté mathématique divergent profondément. C’est à nos yeux un exemple frappant de l’écart qui se creuse de plus en plus entre ces technologies et, d’une part, les professions scientifiques et créatives, d’autre part, la société dans son ensemble. La recherche en mathématiques vise à comprendre les structures fondamentales des formes, des nombres et des phénomènes naturels. Au fil des générations, elle a constitué un vaste corpus d’idées sophistiquées, de méthodes, d’abstractions et d’outils permettant d’appréhender le paysage mathématique. Les technologies et les sciences modernes reposent dans une large mesure sur ces outils mathématiques. Les problèmes majeurs en mathématiques ont souvent servi de repères pour mesurer les progrès réalisés dans notre compréhension de ce paysage. Résoudre l’un de ces problèmes était le signe certain de nouvelles intuitions et de méthodes innovantes, qui étaient ensuite étudiées par une communauté de mathématiciens au cours d’un processus long et exigeant, fait d’exposés, de discussions et de simplifications. Ce processus devait permettre d’arriver à une présentation lumineuse des résultats, accessible à tout étudiant de deuxième ou de troisième cycle, voire parfois de premier cycle. Certaines idées mathématiques poursuivaient par la suite leur chemin et devenaient, des décennies ou des siècles plus tard, des outils compris et utilisés par l’ensemble de la population. Il vous reste 69.84% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.