Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Finances publiques Finances publiques Finances publiques Tribune Nicolas Dufrêne Economiste L’économiste répond, dans une tribune au « Monde », aux critiques de ses confrères sur sa proposition, émise dès 2020 dans son livre « Une monnaie écologique », d’annuler la part de la dette publique détenue par la BCE ; principe repris par Jean-Luc Mélenchon en vue de l’élection présidentielle de 2027. Publié aujourd’hui à 16h00, modifié à 16h07 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés Il faut savoir mesurer le chemin parcouru. En février 2021, lorsque 150 économistes européens proposaient dans ces mêmes pages l’annulation des dettes publiques détenues par l’Eurosystème [l’organe de l’Union européenne regroupant la Banque centrale européenne et les banques centrales nationales des Etats membres ayant adopté l’euro] en contrepartie d’un investissement écologique équivalent, on nous répondait impossibilité, faillite et hyperinflation. Pourtant, un sondage [YouGov pour le HuffPost] montre désormais que davantage de Français sont favorables à l’opération (43 %) que ceux qui s’y opposent (31 %). Surtout, Olivier Blanchard et Quentin Vandeweyer reconnaissent dans ces colonnes que l’opération serait « sans effet direct sur les créanciers de l’Etat ni sur ceux de la Banque de France » et que ses partisans « ont raison sur ce point ». En clair : l’opération n’affecte en rien les créances privées et ne met pas la banque centrale en faillite. Mieux : à notre promesse de « marges budgétaires réelles, aucune victime et une inflation maîtrisée », ils répondent que « l’arithmétique n’en permet cependant que deux ». Quel progrès ! L’opération peut donc dégager des marges réelles avec une inflation maîtrisée, mais pas sans victime. Or, nous verrons que la victime désignée, les banques, n’en est pas vraiment une. Sous la plume même de ses contradicteurs, la proposition d’annulation/conversion des dettes publiques détenues par la Banque centrale européenne se voit donc reconnaître plusieurs des mérites que nous défendons depuis des années. Ainsi va la vie des idées : d’abord discréditées sans ménagement, puis discutées plus sérieusement, jusqu’à ce qu’un jour, peut-être, elles deviennent évidentes. Sur les objections restantes, une première confusion réside dans la théorie des comptes consolidés, censée prouver que l’opération serait « inutile ». Blanchard et Vandeweyer écrivent : « Sa propre dette semble réduite, mais un trou équivalent s’est creusé au bilan de sa banque centrale. La dette de l’Etat dans son ensemble ne change pas. » Mais cette consolidation est un outil théorique, non une réalité juridique ou comptable. Posséder le capital de sa banque centrale donne droit à d’éventuels dividendes, pas à une fusion des comptes. Pour un Etat, rembourser sa banque centrale ou une banque privée produit le même effet : il verse le principal et les intérêts. Si la banque centrale réalise des bénéfices, une partie des intérêts peut revenir à l’Etat sous forme de dividendes ; mais cela ne change rien au remboursement du principal, qui est le sujet majeur. Il vous reste 61.34% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« L’annulation d’une partie de la dette donnerait de nouvelles marges pour investir » : la réponse de Nicolas Dufrêne à Olivier Blanchard et Quentin Vandeweyer
TRIBUNE. L’économiste répond, dans une tribune au « Monde », aux critiques de ses confrères sur sa proposition, émise dès 2020 dans son livre « Une monnaie écologique », d’annuler la part de la dette publique détenue par la BCE ; principe repris par Jean-Luc Mélenchon en vue de l’élection présidentielle de 2027.












