Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Éducation Éducation Éducation Chronique Michel Guerrin Rédacteur en chef au « Monde » Les écrans vampirisent le temps disponible des enfants. Or, lire un livre est la base de tous les savoirs, rappelle Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », dans sa chronique. Publié aujourd’hui à 05h50 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés On n’imagine pas le séisme. La dernière édition du Programme international pour le suivi des acquis des élèves de 15 ans, dit PISA, publiée mardi 8 septembre, décrit un décrochage massif du savoir des élèves, notamment quant à la compréhension de l’écrit. Ils ne savent pas le sens des mots, ne font plus le lien entre deux phrases. Et comment réagissent les responsables politiques ? Pour la gauche, c’est la faute à la paupérisation de l’école ; pour la droite, la faute au système éducatif tenu par des gauchistes qui sapent la transmission du savoir. Personne ou presque n’évoque l’éléphant dans la pièce : la chute durable de la lecture. L’Internet et les réseaux sociaux vampirisent le temps disponible des enfants. Quant aux parents, chaînon essentiel, eux-mêmes lisent beaucoup moins, donc ne lisent plus à leurs gamins, perdant leur mission de garde-fou. C’est logiquement à peu près la même chose partout en en Europe. PISA crée la panique, alors que moult enquêtes et rapports montrent depuis vingt ans que les réseaux sociaux tuent la lecture et la connaissance. Nous insistons sur la lecture, car lire un livre est la base de tous les savoirs. Cela permet de penser. De structurer le langage, de construire un raisonnement, de multiplier les points de vue, de parler avec facilité, de choisir en citoyen. Ne pas lire, et l’on devient agressif, caricatural, intolérant. Et quelle est la réponse publique ? Rien ou presque. Il y a des campagnes nationales sur l’alcool, le tabac, la sécurité routière, les cinq fruits et légumes à manger par jour, mais très peu sur les dangers des réseaux sociaux ou du téléphone portable pour la santé des jeunes. Les responsables politiques craignent d’être taxés de liberticides. Il ne faut pas culpabiliser les parents ni stigmatiser les ados – électeurs d’aujourd’hui et de demain. Patrick Cohen, dans sa chronique sur France Inter le 9 septembre, rappelle justement que les candidats à la présidentielle de 2027 font de l’école une priorité, mais sous un angle bien repéré : lui donner plus de moyens, rehausser les salaires des enseignants et mieux les former, ouvrir des classes, réduire le nombre d’élèves, mais que nombre de jeunes ne lisent plus et ne savent plus structurer une phrase n’est pas un sujet. Il vous reste 63.42% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.