Monde AmériquesDonald TrumpEtats-Unis. Le locataire de la Maison-Blanche veut transformer les midterms en référendum sur sa présidence. Mais son impopularité inquiète dans les rangs républicains.articleLecture 4 MinPublié le 10/09/2026 à 10:39A Dallas, une convention républicaine a été organisée à l'initiative du président américain, à deux mois des midterms.REUTERSDonald Trump a donné à la campagne républicaine des midterms des airs de marché électoral, ce mercredi 9 septembre lors d'une convention du parti à Dallas, au Texas. Le président multimilliardaire a promis aux électeurs un cadeau provoquant : un "dividende Trump" de 5 000 dollars "pour chaque adulte américain", si les républicains gagnent en novembre les élections de mi-mandat, cruciales pour le parti. Une promesse qui, avec quelque 270 millions d'adultes aux Etats-Unis, coûterait environ 1 350 milliards de dollars à la Maison-Blanche, selon les calculs de Reuters. A l'occasion d'une convention républicaine organisée à son initiative, l'ex-magnat de l'immobilier a surtout passé près de deux heures à vanter son bilan, affirmant avoir mené à bien "les deux meilleures années de l'histoire de la présidence" américaine. Les élections de mi-mandat détermineront si les républicains conservent le contrôle des deux chambres du Congrès, qu'ils détiennent actuellement, avec une majorité particulièrement étroite à la Chambre des représentants. Pour Donald Trump, l'enjeu est majeur : perdre l'une des deux chambres compliquerait considérablement la mise en œuvre de son programme. Or les sondages et les prévisions électorales se dégradent pour les républicains, dans un contexte de mécontentement croissant autour du coût de la vie et de la guerre en Iran. D'après la dernière enquête Reuters/ Ipsos, 33% seulement des électeurs inscrits, soit cinq points de moins qu'en juillet, sont favorables au président américain, Une omniprésence mal accueillie par les républicains Ce dernier assume vouloir faire de ces élections un référendum sur son second mandat. A la convention de Dallas, organisée autour de ses prises de parole — au point d'être surnommée "Trumpapalooza" en référence au festival de musique Lollapalooza — il a demandé mercredi aux électeurs de "faire comme si [son] nom figurait sur le bulletin de vote". Il a par ailleurs promis de faire campagne dans 35 circonscriptions et Etats, et affirme vouloir consacrer 400 à 500 millions de dollars aux élections.Cette omniprésence inquiète une partie des républicains, qui craignent que l'impopularité, les frasques et les priorités politiques de leur président ne leur coûtent des voix. "Chaque semaine, les élus retournent dans leurs circonscriptions et sont confrontés aux inquiétudes sur le coût de la vie et l'inflation, tandis que Trump rejette ouvertement ces préoccupations", déplore ainsi le stratège républicain Kevin Madden dans les pages du Financial Times. Auprès du média en ligne Axios, un responsable de campagne républicain, qui a gardé l'anonymat, va plus loin : "Nous n'avons pas le choix. Nous sommes coincés sur le bateau avec lui, que cela nous plaise ou non". Un consultant républicain résume le dilemme : "Dites non à Trump, et il pourrait vous punir. Dites oui, et sa présence pourrait ne pas vous aider".Conscients de l'effet toxique que pourrait avoir le président, plusieurs candidats républicains engagés dans des élections serrées ont choisi de ne pas participer à la convention de Dallas. Face aux doutes, un responsable de la Maison-Blanche cité par le Financial Times l'assure toutefois : "Le président Trump est le président républicain le plus populaire et le plus admiré. Certains électeurs, lui seul peut les motiver à aller voter."