Nous sommes le 11 juin 2025. Alors que s’ouvre VivaTech, le patron de Mistral AI, Arthur Mensch, monte sur scène pour l’une des tables rondes les plus attendues du salon : l’à peine trentenaire, impeccablement cravaté, doit prendre la parole au côté de Jensen Huang, tout puissant PDG du géant des puces Nvidia, pour annoncer un partenariat stratégique entre les deux entreprises. Alors que le président Emmanuel Macron les rejoint avec quelques minutes de retard, l’Américano-Taïwanais se tourne vers le jeune patron français et lui glisse, d’un air entendu : “Your president worked really hard for you” [“Votre président s’est vraiment démené pour vous”].
Même pour le patron de la société la mieux valorisée au monde, ce volontarisme présidentiel surprend. Sur scène, le voilà qui fait rosir de plaisir le chef de l’Etat français, en illustrant son activisme : “J’ai dit au président qu’Arthur et Mistral avaient besoin du soutien des plus grandes entreprises françaises. Monsieur le président m’a dit : ‘Quelles sont-elles ? Laisse-moi les appeler !’”
Ce sera fait. Au moment d’officialiser leur accord, les deux entreprises et l’Elysée peuvent déjà annoncer que BNP Paribas, Orange, la SNCF ou encore Thales ont manifesté leur intérêt pour ce partenariat, qui a acté l’entrée de Mistral dans le domaine de la capacité de calcul informatique, maillon crucial de la chaîne de valeur de l’IA.








