Les rebelles houthis du Yémen, soutenus par l’Iran, ont fait état mercredi de plus de 40 frappes saoudiennes dans plusieurs régions du pays, au lendemain d’une attaque d’ampleur contre l’Arabie saoudite ayant fait plusieurs dizaines de blessés.Cette nouvelle escalade intervient alors que le conflit yéménite, déclenché en 2014 mais contenu par une trêve depuis 2022, s’est de nouveau intensifié ces dernières semaines, sur fond d’embrasement régional.« L’aviation saoudienne a mené 32 frappes aériennes dans plusieurs secteurs des gouvernorats de Marib, d’Al-Jawf, de Taëz et de Hodeida au cours des dernières heures », a indiqué leur chaîne de télévision al Masirah, avant de rapporter onze frappes supplémentaires.Riyad n’avait pas commenté ces informations au moment où ces lignes étaient écrites.La veille, selon les autorités du royaume, 73 personnes y avaient été blessées après des tirs houthis, et plusieurs installations pétrolières avaient dû être mises à l’arrêt temporairement.
Mercredi, une alerte concernant un risque d’attaque a été brièvement émise à Khamis Mushait, une région méridionale située près de la frontière yéménite, déjà ciblée la veille par les insurgés.La guerre au Yémen, qui oppose les Houthis aux forces progouvernementales, a fait depuis 2014 des centaines de milliers de morts et plongé ce pays, le plus pauvre de la péninsule arabique, dans une crise humanitaire majeure.Les rebelles affrontaient alors une coalition menée par l’Arabie saoudite, jusqu’à la trêve négociée sous l’égide de l’ONU.500 morts depuis jeudiLes hostilités ont repris en juillet, lorsque les Houthis ont défié le contrôle saoudien sur l’espace aérien yéménite en autorisant un avion iranien à atterrir au Yémen. Le gouvernement reconnu par la communauté internationale avait riposté en frappant l’aéroport, une attaque que les rebelles imputent à son allié saoudien.Depuis, les Houthis multiplient les attaques contre des sites militaires et des zones contrôlées par les forces progouvernementales.La semaine dernière, ils ont lancé une vaste offensive visant à progresser vers les zones bordant le détroit de Bab el-Mandeb. Ce passage reliant l’Asie à l’Europe via la mer Rouge et le canal de Suez a gagné en importance depuis le début de la guerre au Moyen-Orient avec le verrouillage par l’Iran du stratégique détroit d’Ormuz, de l’autre côté de la péninsule.Depuis le début de l’offensive houthie jeudi, les combats ont fait plus de 500 morts au Yémen, pour la plupart des combattants des deux camps, selon un décompte établi par l’AFP.Les rebelles ont également annoncé un blocus maritime de l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole brut, et visé ses navires pétroliers ainsi que des infrastructures sur son territoire, notamment une raffinerie.L’Union européenne a exhorté les Houthis à « mettre fin à toutes [leurs] attaques […], à l’intérieur et à l’extérieur du Yémen », dénonçant « une escalade dangereuse ».Frappes iraniennesLe Yémen est le dernier pays en date à avoir été entraîné dans le conflit régional déclenché par l’offensive américano-israélienne contre l’Iran fin février.Les tensions restent vives sur le front iranien et font flamber les cours du brut: le baril de pétrole Brent a atteint les 100 $US mercredi pour la première fois depuis fin juillet.Les Gardiens de la Révolution, puissante force armée iranienne, ont affirmé plus tôt avoir attaqué une base militaire américaine en Jordanie, ainsi que deux navires américains, huit pétroliers et dix autres navires.L’attaque en Jordanie, destinée à « punir l’agresseur », a notamment endommagé « les lieux de déploiement des avions de chasse F-35, F-16 et F-15, ainsi que les abris pour avions de combat » de la base américaine d’Al-Azraq, à 100 km à l’est d’Amman, ont-ils affirmé, cités par l’agence officielle Irna.Selon l’armée jordanienne, vingt missiles iraniens ont été tirés sur le pays, dont 18 ont été interceptés et deux sont tombés dans des zones désertes.Mardi, l’armée américaine avait annoncé avoir détruit cinq pétroliers dans la région du Golfe.Les négociations diplomatiques restent au point mort, les belligérants se disputant le contrôle du détroit d’Ormuz, par lequel transite habituellement un cinquième des exportations mondiales de pétrole et de gaz.












