L’Arabie saoudite a dénoncé mardi une série de frappes des Houthis du Yémen voisin, et promis de riposter à ce qui constitue la plus importante attaque de ces rebelles pro-iraniens contre le territoire saoudien depuis plusieurs années.Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a vu « la main de l’Iran » derrière ces attaques, condamnées par l’ONU et l’Union européenne qui a estimé qu’elles « sapent la sécurité et la stabilité régionales ».Le Yémen, pays pauvre de la péninsule arabique, a replongé dans la guerre en juillet sur fond d’embrasement régional. Les hostilités entre rebelles et forces gouvernementales se sont intensifiées ces derniers jours, faisant plus de 500 morts depuis jeudi.Parallèlement à leur offensive sur le sol yéménite, les rebelles ont cette fois mené une vaste attaque en Arabie saoudite, qui dirige la coalition militaire soutenant le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale.« Escalade significative »L’attaque a blessé 73 civils, dont des femmes et enfants, selon le porte-parole de la coalition. Pour Andreas Krieg, enseignant au King’s College de Londres, elle marque « une escalade significative ».Les Houthis ont frappé avec des dizaines de drones et de missiles le sud de l’Arabie saoudite, visant des sites du géant pétrolier Aramco à Abha, Najran, et Jizan, ainsi que la base aérienne King Khalid à Khamis Mushait, selon leur porte-parole militaire Yahya Saree.Cette opération a été menée en riposte à « 121 frappes » menées par Riyad au Yémen ces trois derniers jours, a-t-il ajouté, la chaîne houthie al-Masirah faisant état de nouvelles frappes mardi.Ces nouvelles frappes accentuent la pression sur l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut, déjà affectée par la quasi paralysie du détroit d’Ormuz. Les cours du pétrole montaient mardi, le baril de Brent, référence mondiale, se rapprochant à nouveau de la barre symbolique des 100 dollars.Le sud de l’Arabie saoudite, frontalier du Yémen, abrite d’importantes infrastructures pétrolières, notamment à Jizan où Aramco exploite l’une des plus importantes raffineries du royaume, déjà visée à plusieurs reprises depuis juillet.Selon Riyad, les frappes ont provoqué « des incendies sur plusieurs sites, entraînant l’interruption temporaire de certaines opérations ».Les autorités ont diffusé mardi soir des images montrant des vitres brisées, des débris et des morceaux de métal tordus jonchant les rues, près de bâtiments endommagés.Le royaume « n’hésitera pas à se défendre », a prévenu le chef de la diplomatie saoudienne Fayçal ben Farhane.L’analyste Andreas Krieg estime toutefois que la réponse de l’Arabie saoudite « restera probablement mesurée, privilégiant les frappes aériennes, le soutien en matière de renseignements et le renforcement des forces gouvernementales yéménites », plutôt qu’une attaque terrestre.L’ampleur des frappes saoudiennes de mardi au Yémen n’était pas connue mais celles de lundi ont notamment touché une prison dans le nord du pays, faisant 11 morts, selon un responsable provincial.La recrudescence des combats a contraint près de 20 000 personnes à fuir leur domicile, selon l’agence de l’ONU pour les migrations (OIM).