Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Allemagne Allemagne Allemagne Chronique Gilles Paris Editorialiste au « Monde » Si beaucoup analysent le résultat de l’élection dans cette région allemande par le prisme de l’immigration, il faut rappeler que ce territoire observe une baisse de sa population. Or, dépeuplement et progression de l’extrême droite vont de pair, souligne, dans sa chronique, Gilles Paris, éditorialiste au « Monde ». Publié aujourd’hui à 15h00 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Comme à chacune de ses manifestations, la poussée nationale-populiste qui vient de se vérifier spectaculairement, le 6 septembre, en Allemagne, dans le Land de Saxe-Anhalt, a été expliquée en bonne partie par le facteur migratoire. Du moins sur un aspect de la migration. De l’ex-Allemagne de l’Est à l’Italie, où la présidente du conseil, Giorgia Meloni (extrême droite), vient de battre un record de longévité au pouvoir, les constats souvent dressés à la truelle portent toujours sur ceux qui arrivent, rarement sur ceux qui partent. On aurait pourtant bien tort de les sous-estimer. Le Land de Saxe-Anhalt affiche en effet un bilan démographique à valeur d’exemple. Parce que la population d’origine étrangère est en hausse (plus de la moitié venant de pays tels que l’Ukraine, la Pologne et la Roumanie), même si cette population reste presque deux fois moins nombreuse que la moyenne fédérale. Et parce que la région figure au deuxième rang en Allemagne, après la Thuringe, en matière de baisse de la population. L’effondrement de la natalité en est l’un des moteurs avec la migration, car les villes-Etats de Berlin, de Brême et de Hambourg voient, elles, le nombre de leurs habitants progresser. Ce second point n’a rien d’anecdotique. Une étude réalisée en Suède et publiée en 2024 sous l’égide de l’Immigration Policy Lab, qui rassemble l’université Stanford, aux Etats-Unis, et l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich, a mis au contraire en évidence, au sein de municipalités suédoises, une corrélation entre émigration et hausse du vote en faveur du parti Démocrates de Suède (extrême droite). Sentiment d’abandon La croissance de cette formation peut s’expliquer non pas seulement par l’augmentation de la part de la population d’origine étrangère, passée dans le pays de 11 % en 2000 à 20 % en 2020, mais aussi par le fait que 51 % des municipalités suédoises ont vu leur population décliner pendant la même période. L’examen de cinq cycles électoraux a montré que chaque baisse de 1 point de pourcentage du nombre d’habitants s’est accompagnée d’une hausse de 0,5 % de la part du vote en faveur des Démocrates de Suède. Ces derniers ont sabordé en août la coalition gouvernementale mal en point constituée avec la droite conservatrice pour espérer devenir, après les législatives du 13 septembre, la première force d’opposition. Il vous reste 60.71% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.