Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Allemagne Allemagne Allemagne Tribune Frédéric Bozo Historien La victoire du parti d’extrême droite aux élections en Saxe-Anhalt, le 6 septembre, aura des conséquences sur les élections françaises et, au-delà, sur le lien franco-allemand, s’inquiète, dans une tribune au « Monde », l’historien Frédéric Bozo, professeur à l’université Sorbonne-Nouvelle. Publié aujourd’hui à 16h00, modifié à 17h13 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés Si la victoire de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), une première pour un parti d’extrême droite en Allemagne depuis 1945, lors des élections du dimanche 6 septembre en Saxe-Anhalt, concerne avant tout un Land peu peuplé de l’ex-République démocratique allemande (RDA), elle est en réalité de nature, à court, moyen ou long terme, à profondément affecter la relation franco-allemande et l’Europe. Il n’est plus possible de passer sous silence des questionnements fondamentaux que, jusqu’à présent, on préférait taire. A court terme, tout d’abord, la déflagration allemande est susceptible de peser sur les prochaines échéances, présidentielle puis législatives françaises, déterminantes pour l’avenir du pays. Le tremblement de terre de Magdebourg [la capitale du Land de Saxe-Anhalt] et la nouvelle séquence politique qui s’ouvre à Berlin peuvent en effet s’analyser comme un choc externe asymétrique de nature à confirmer, voire à renforcer, des dynamiques déjà à l’œuvre pour les trois grands blocs qui se disputent les suffrages des Français. Sans doute les premiers bénéficiaires en seront-ils La France insoumise (LFI) et Jean-Luc Mélenchon : la percée opérée par l’AfD ne peut qu’alimenter le discours antiallemand de l’extrême gauche française puisqu’elle paraît valider ses pires préventions concernant l’évolution de ce pays. Y compris le risque de voir l’Allemagne revenir à ses vieux démons. Nul doute que ce risque sera présenté comme une raison de plus de s’opposer frontalement à l’Allemagne et aux politiques qu’elle défend, tant en termes économiques qu’européens. Le Rassemblement national (RN), de son côté, ne manquera pas de souligner la rupture intervenue avec l’AfD il y a deux ans, pour mieux mettre en avant sa propre « normalisation ». Cela ne l’empêchera pas de surfer sur la victoire de son ex-allié qui, suggérera-t-il, valide ses propres thématiques – même si l’AfD les exprime de manière plus extrême. Quant aux diverses composantes du bloc central, elles auront d’autant plus de mal à préconiser des politiques orthodoxes et imprégnées de la pensée mainstream européenne, alors même que les tenants de ces politiques en Allemagne se trouvent désormais sur le reculoir. Il y a ainsi fort à parier que l’onde de choc allemande amplifie les tendances europhobes déjà à l’œuvre. Il vous reste 64.48% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Victoire de l’AfD : « Il y a fort à parier que l’onde de choc allemande amplifie en France des tendances europhobes déjà à l’œuvre »
TRIBUNE. La victoire du parti d’extrême droite aux élections en Saxe-Anhalt, le 6 septembre, aura des conséquences sur les élections françaises et, au-delà, sur le lien franco-allemand, s’inquiète, dans une tribune au « Monde », l’historien Frédéric Bozo, professeur à l’université Sorbonne-Nouvelle.














