Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Sport Sport Sport Tribune Guillaume Dietsch Professeur d’EPS Alors que le gouvernement lance des initiatives pour promouvoir l’activité physique comme « Septembre bouge », l’enseignant estime, dans une tribune au « Monde », qu’il faut faire de l’accès aux lieux et aux collectifs sportifs un enjeu de justice sociale. Publié hier à 14h00, modifié hier à 21h58 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés En cette rentrée, le gouvernement lance « Septembre bouge », destiné à remettre l’activité physique au cœur du quotidien. Le Pass’Sport est reconduit pour faciliter l’inscription des enfants dans les clubs. Ces initiatives vont dans le bon sens. Cependant, elles posent une question qu’une campagne de communication et une aide à la cotisation ne peuvent, à elles seules, résoudre : comment faire une place au sport dans des vies déjà saturées par le travail, les transports, l’école et les tâches domestiques ? Le prix d’une inscription compte. Le Pass’Sport y répond en partie. Toutefois, le coût réel de la pratique ne se limite pas à la cotisation. Pour une mère isolée, un parent aux horaires décalés ou une famille éloignée des équipements, cette logistique peut suffire à rendre le sport inaccessible. Le problème n’est donc pas seulement financier ; il est aussi temporel. Nous demandons aux personnes de bouger davantage, alors que, du fait de leur organisation sociale, elles n’en ont pas le temps. Le luxe contemporain est de pouvoir déléguer les tâches ordinaires, d’échapper à l’urgence et de conserver des moments pour soi. Cette inégalité pèse sur le sport comme sur l’accès à la culture, au repos et, plus largement, à la vie collective. La sédentarité ne peut alors être réduite à un défaut de motivation. Elle est également produite par l’organisation du travail, les mobilités contraintes, l’urbanisme, les disparités territoriales et l’inéquitable répartition de la charge familiale. La politique sportive ne peut se contenter de demander aux individus de compenser, par une séance, les effets d’une société qui sédentarise les corps. Les clubs sont au cœur de ce défi. Ils accueillent des millions d’enfants grâce à l’engagement des bénévoles et des éducateurs. Néanmoins, ils peinent parfois à accompagner les pratiquants lorsque leurs vies évoluent. A l’adolescence, on change d’école, de groupe d’amis et de rythme ; à l’âge adulte, les études, l’entrée dans la vie active et la parentalité redessinent les disponibilités. Or, l’offre sportive demeure trop souvent pensée pour des trajectoires uniformes : une inscription annuelle, un créneau fixe, une discipline et la compétition comme unique horizon. Il vous reste 59.86% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Guillaume Dietsch, professeur d’EPS : « La sédentarité ne peut être réduite à un défaut de motivation »
TRIBUNE. Alors que le gouvernement lance des initiatives pour promouvoir l’activité physique comme « Septembre bouge », l’enseignant estime, dans une tribune au « Monde », qu’il faut faire de l’accès aux lieux et aux collectifs sportifs un enjeu de justice sociale.






