Parce qu’il n’y a pas que Céline Dion en concert à Paris cette semaine, voici notre sélection de concerts du 9 au 14 septembre 2026. Jay-Z investira le Stade de France pour un concert unique le 10 septembre (ici à Londres le 5 septembre 2026). Photo Nirah Sanghani Par Erwan Perron Publié le 08 septembre 2026 à 16h26 Jay-Z au Stade de France New York, New Yooooork ! Pour beaucoup, il n’a jamais fait mieux qu’Empire State of Mind, extrait de son onzième album, The Blueprint 3 (2009), son titre le plus connu, en compagnie d’Alicia Keys chantant à gorge déployée sur le refrain. Mais, pour nous, bien plus que ce disque où ses producteurs samplent, un peu trop facilement, Justice (D.A.N.C.E.) ou Véronique Sanson (Une nuit sur ton épaule), il n’a jamais fait mieux que le rageur The Blueprint (2001), son sixième album, où il règle ses comptes avec ses concurrents Nas et Prodigy en utilisant des samples vocaux d’artistes soul ou blues comme Al Green ou Bobby Blue Bland. Voilà qui tombe bien, pour célébrer ses trente ans de carrière, Shawn Corey Carter, alias Jay-Z, 56 ans, a prévu d’interpréter cette œuvre majeure du rap, ainsi que Reasonable Doubt (1996), son tout premier disque. On se souvient de l’avoir applaudi au Zénith, en 2003, pour la promotion de son The Blueprint 2. On l’avait trouvé concentré et professionnel mais pas très généreux. Comme depuis, l’homme qui tape dans le dos des présidents, qu’ils s’appellent Obama ou Sarkozy, et, faut-il le préciser, mari de Beyoncé, a fait un sacré bout de chemin, on espère décrocher notre place au Stade de France. r Le 10 septembre, 20h, Stade de France, Saint-Denis (93). 73-216 €. La 91e édition de la Fête de l’Humanité Jour 1 - La revanche des musiques du bled ? On aime Zmig, premier album du Franco-Algérien Danyl, mariant avec allant le raï, le rap, le R’n’B, et pourquoi pas les grandes heures de la variété des années 1970 et 1980. Sur scène, il est une tornade. Autre révélation de l’année, Ino Casablanca emporte aussi le morceau en live, au son de la darbouka et de la trompette, faisant revivre sur son tube Bissap du 20ème les belles heures d’une chanson populaire « alternative », portée dans les années 1980 par les Toulousains de Zebda ou les Parisiens des Négresses vertes. Dans le rôle du « kickeur » rageur autant que du chanteur à la belle voix mélodique, Josman nous avait impressionné à Bercy. On y va aussi pour voir de quoi est capable en concert la nouvelle venue Ebony, finaliste malheureuse à la Star Academy. Sur son premier album, Menelik, elle se dévoile bien plus énervée et personnelle que sur le plateau de TF1… Impossible de ne pas mentionner les Irlandais de Kneecap. Eux rappent comme si leur vie en dépendait, sur fond de productions électro-drum’n’bass de la meilleure facture. On est ressorti secoué et heureux de leur concert au Trianon. Mazette, quelle bande d’enragés ! Jour 2 - Aux côtés du chef électro Étienne de Crécy et de l’aiguilleur de mots Oxmo Puccino, la grande affaire de ce deuxième jour sur l’ancienne Base 217 du Plessis-Pâté est bien sûr la venue d’UB40. La formation reggae-pop-dub fondée à Birmingham en 1978 et autrice de vingt-cinq albums studio sera-t-elle aussi magique que lors de son passage à Bercy en 1993, dans la foulée de son album Promises and Lies ? Ali Campbell, au vibrato et au timbre haut perché reconnaissables entre tous, a quitté le groupe en 2008 pour une discrète carrière solo. Ceux qui ont vu le groupe en mars dernier à la Salle Pleyel affirment qu’il est dignement remplacé au micro par son frère Robin Campbell (également à la guitare) et par le nouveau venu, Matt Doyle. Pour se chauffer en attendant le concert, rien de mieux que de mettre sur la platine UB40 live (1983), capté lors d’une tournée en Irlande, où la formation interprète ses indépassables tubes Food for Thought, Dont’ Slow down et Presents Arms. r Du 11 et 13 septembre, Base 217, Le Plessis-Pâté '(91). 1-70 € pass 3j. Kerri Chandler au Rex Club La scène se passe en juillet 2019, à Vitry-sur-Seine, lors du festival Rituel Days. Invité à jouer sous le chapiteau de cirque du Kilowatt, Kerri Chandler semble ne pas en revenir de la folle énergie du public. Il se penche par-dessus ses platines et dit à l’organisateur : « Les gens aiment le funk et le disco ici. Si vous voulez, je joue une heure en plus. Sans augmentation de mon cachet, hein ! » Voici pourquoi on aime l’Américain, considéré comme l’un des inventeurs du sous-courant deep house, gorgé de voix soul et gospel. À 56 ans, le producteur et DJ, auteur du classique pour dancefloor Rain (1998), n’a rien perdu de sa générosité ni de son envie. Un must. s Le 13 septembre, 23h, Rex Club, 5, bd Poissonnière, 2e, 31,80-41,80 €. À lire aussi : Au Rex Club, à Essaim ou au Badaboum... Les meilleures soirées de septembre 2026 à Paris Et aussi : The Orielles au Hasard Ludique Leur premier album, Silver Dollar Moment (2018), rendait hommage à une certaine pop britannique autant qu’à la scène alternative dance de la fin des années 1980 (The Pastels, Orange Juice, The Beloved…). Voici que le quatuor de Halifax (Canada) nous revient avec son quatrième album, Only You Left. Et l’on se demande bien ce que sa musique, avec ses guitares et ses voix noyées sous les effets, et sa batterie dansante, peut donner sur scène. Gardons une oreille pour The Orielles. Le 9 septembre, Hasard Ludique, 128 Av. de Saint-Ouen, 18e. Nik West au New Morning Funk-rock ! Elle a joué avec Prince, Quincy Jones, Marcus Miller, Dave Stewart (d’Eurythmics)… La native de Phoenix à la coupe afro est célèbre pour son jeu de basse très démonstratif, oscillant en live entre compositions personnelles et reprises. Mention spéciale à sa cover de Back in Black (AC/DC). Elle s’est toujours montrée généreuse dans l’enceinte du New Morning, où elle a pour ainsi dire son rond de serviette. q Le 12 septembre, 20h30, New Morning, 7-9, rue des Petites-Écuries, 10e. 30,80 €. Ayo à la Cigale Ayo ou la beauté simple : sa voix est immédiatement reconnaissable. Ceux qui la comparent à Tracy Chapman n’ont sans doute pas tort. On avait peu goûté son troisième album, Billie-Eve (2011), enregistré sous la houlette de Matthieu Chedid, où elle basculait dans la variété la plus convenue, entre reggae édulcoré et funk-pop balourd. Mais les suivants, Ticket to the World (2013), Ayo (2017) et Royal (2020), sont bien plus recommandables, renouant avec cette simplicité hip-hop et soul que l’on aime chez elle. Son récent Mami Wata, titre hommage à la déesse des fleuves, est d’une simplicité folk qui fait mouche. Live, elle est un soleil. q Le 14 septembre, 20h, la Cigale, 120, bd Rochechouart, 18e. 40 €.