Enfants S’ils restent toujours “dans la moyenne des pays de l’OCDE”, les élèves français de 15 ans ont notamment de plus en plus de difficultés dans la compréhension de l’écrit. L’étude Pisa sonde depuis 2000 les performances des systèmes éducatifs, à travers les compétences des élèves de 15 ans. Photo Nicolas Guyonnet/Hans Lucas Par Télérama, avec AFP Publié le 08 septembre 2026 à 11h05 Mis à jour le 08 septembre 2026 à 11h25 L’inquiétude pointe. Les résultats des élèves français à l’enquête internationale Pisa de 2025 sont les plus bas jamais mesurés depuis la création de ce classement en 2000, mais la France se maintient dans la moyenne des pays de l’OCDE dans les trois matières évaluées. « La France est toujours dans la moyenne des pays de l’OCDE » en mathématiques, compréhension de l’écrit et sciences, mais « les scores sont de plus en plus bas », a souligné le spécialiste de l’éducation au sein de l’organisation, Éric Charbonnier, à l’occasion de la publication de l’étude mardi. Par rapport à la dernière édition, en 2022, les résultats en sciences ont baissé de 4 points, en compréhension de l’écrit de 18 points et en maths de 16 points. L’Organisation de coopération et de développement économiques considère que 20 points représentent environ une année de scolarité. Difficultés de concentration et de réflexion L’étude Pisa sonde depuis 2000 les performances des systèmes éducatifs, à travers les compétences des élèves de 15 ans. À chaque fois, un domaine est plus développé, les sciences cette fois-ci. Les exercices ont été soumis en 2025 à 6 500 élèves français dans 289 écoles. Entre 2012 et 2025, les résultats ont baissé partout, passant en sciences de 499 points à 483, de 505 à 456 en lecture et de 484 à 458 en maths. À lire aussi : Évaluations nationales : “Depuis 2017, le niveau semble stable mais il a baissé ces quarante dernières années” Depuis 2015, l’écart de performance entre les élèves les plus favorisés sur le plan socio-économique et les plus défavorisés s’est réduit : les résultats des élèves favorisés ont diminué tandis qu’ils sont restés stables parmi les élèves défavorisés. La performance en mathématiques a ainsi chuté de 22 points parmi les élèves les plus défavorisés et de 38 points chez les élèves favorisés. « Notre système éducatif a vraisemblablement des difficultés qui se sont généralisées parmi les élèves favorisés », a pointé Éric Charbonnier. En dix ans, le pourcentage d’élèves très performants a diminué en mathématiques (5 % des élèves en 2025, contre 11 % en 2015) et compréhension de l’écrit (5 % contre 13 % en 2015). Autre source d’inquiétude selon l’OCDE : un tiers des élèves français ont de grandes difficultés pour la compréhension écrite. « Les élèves, en France comme dans beaucoup de pays, ont beaucoup plus de difficultés à répondre aux questions qui demandent des processus cognitifs complexes, de la réflexion, de la lecture de textes longs (400 mots), de la concentration », a souligné Éric Charbonnier. L’étude met également en évidence des absences de professeurs plus fréquentes : en 2015, 17 % des chefs d’établissement déclaraient manquer d’enseignants, contre 45 % en 2025. Effets pervers de l’IA ? Comment expliquer cette nouvelle baisse des performances ? Selon l’OCDE, il ne faut pas forcément chercher du côté de l’investissement public. « La France a une dépense d’éducation assez forte par rapport aux performances obtenues », pointe Éric Charbonnier, qui recommande « surtout » de « bien investir l’argent ». À lire aussi : Améliorer notre système scolaire sans forcément dépenser plus, c’est possible ? La chute des performances n’est « pas due à l’immigration » non plus, l’écart de performance entre les adolescents « issus de l’immigration » et les « non-immigrés » étant resté stable depuis 2015. L’OCDE s’alarme en revanche du soutien des parents qui s’affaiblit, en particulier en France, « alors qu’ils ont un rôle à jouer dans la réussite des enfants » et de la baisse de la compréhension de l’écrit chez les garçons des milieux les plus favorisés, une nouveauté. « Est-ce parce que l’intelligence artificielle est plus entrée chez les familles favorisées ? C’est une des hypothèses qui méritent d’être mises sur la table », estime Éric Charbonnier, qui préconise une « utilisation modérée » du numérique à des fins pédagogiques. L’OCDE considère par ailleurs qu’il est difficile de mesurer les effets des réformes à cause de leur nombre et de leur « va-et-vient ». Les élèves qui ont passé le test en 2025 sont nés en 2009, sont entrés pour la plupart en CP en 2015 et sixième en 2020. Ils n’ont pas connu le dédoublement des classes dans les petits niveaux en zone d’éducation prioritaire mis en place progressivement depuis 2017. Ils ont en revanche vécu la réforme de l’ancien ministre de l’Éducation Vincent Peillon de quatre jours et demi à l’école à partir de 2013, puis le retour de quatre jours décidé par Jean-Michel Blanquer en 2017. Parmi les points positifs : les élèves français sont plus curieux que la moyenne et prennent plaisir à faire des sciences. À lire aussi : Rentrée scolaire : les changements attendus pour les élèves, de la maternelle à la terminale Enfants Éducation Éducation nationale Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus Pour soutenir le travail de toute une rédaction, abonnez-vous Pourquoi voyez-vous ce message ? 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