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EnquêteAprès la seconde guerre mondiale, des escrocs prétendant être des figures d’un mouvement de résistance imaginaire ont monté une fausse amicale afin d’aider des collaborateurs poursuivis par la justice à se faire passer pour d’authentiques résistants.

Paris, au lendemain de la Libération. Un podium, une gerbe de fleurs et un aréopage d’hommes en costume bloquent l’entrée d’un immeuble haussmannien, le numéro 4 de la place Martin-Nadaud. Un avocat tiré à quatre épingles, une femme coiffée d’un ruban fleuri et un officier en uniforme se tiennent à côté du maire du 20e arrondissement de l’époque. Le moment est solennel. Une plaque est inaugurée en l’honneur d’une association d’anciens résistants installée au cinquième étage : l’Amicale des Loups de France.

A en croire la taille de la gerbe et le texte de la plaque – visibles sur une photo qu’il nous reste de ce moment –, les vétérans de cette association devaient faire partie d’un important mouvement de résistance. « Les Loups de France, à leurs nombreux morts », peut-on lire sur ce morceau de marbre. Ce mouvement serait né en juillet 1940 sous l’égide de « patriotes décidés » : Louis Salvé et Gaston Lange, deux hommes au crâne dégarni. Au premier rang de la photo, on voit ce dernier recevoir une décoration militaire des mains de l’officier en uniforme : le capitaine Jean Guénin, ancien chef du maquis de Rouvres, qui épingle à son costume une médaille ressemblant à une croix de guerre.