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EnquêteIl fait partie de ces Français, collaborationnistes convaincus, qui se sont mis au service de l’occupant. A la tête d’une bande de près de 100 individus, Francis André, dit « Gueule tordue », a multiplié les exactions dans la région lyonnaise, semant la terreur par ses vols, arrestations, tortures et meurtres, commis pour son compte et celui des nazis. Parmi ses nombreuses victimes, l’historien et résistant juif Marc Bloch, qui entrera au Panthéon le 23 juin.

Dans le box des accusés de la cour de justice de Lyon (Rhône), ce jeudi 10 janvier 1946, ils sont treize à comparaître pour « trahison ». L’armée allemande a déserté la ville le 3 septembre 1944, la capitulation du IIIe Reich remonte à moins d’un an. Théâtre du calvaire enduré par Jean Moulin, chargé d’unifier les mouvements de résistance français et où l’officier de police SS Klaus Barbie, chef de la Gestapo de la ville, a mené l’une des répressions les plus féroces, Lyon juge ce jour-là quelques-uns de ces Français qui se sont mis au service de l’occupant. Un producteur avisé aurait pu en tirer un film – « Les Treize Salopards ».

Entourés par les gendarmes, serrés sur leurs bancs, se tiennent, entre autres, Antonin Saunier, représentant en vin, Jean-Louis Commeinhes, dit « Jeannot », mécanicien, Jean-Baptiste Seta, alias « Constantini », sans profession ni domicile, Gabriel Gallioud, restaurateur, ou encore Sylvain Bressy, dit « Zizi », illettré, chauffeur d’automobile. Une seule femme, tailleur sombre et chemisier blanc, au milieu de cette clique masculine, Gilberte Simon, alias Gilberte Joly, sans profession.