Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Océans Océans Océans Tribune Pierre-Maël Deffontaines Consultant spécialisé en enjeux maritimes et littoraux Différentes initiatives ont vu le jour pour retirer les déchets plastiques qui souillent les océans. Le financement de certaines d’entre elles est aussi, pour des acteurs du secteur pétrochimique, une façon de faire oublier leur participation à cette pollution, alors qu’ils s’opposent à la création d’un instrument international juridiquement contraignant, souligne, dans une tribune au « Monde », le consultant Pierre-Maël Deffontaines. Publié le 05 septembre 2026 à 10h00, modifié le 05 septembre 2026 à 11h06 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Alors que l’été touche à sa fin, un même constat s’impose à celles et ceux qui ont choisi le bord de mer pour leurs vacances : trop de déchets jonchent encore nos plages. Emballages, cotons-tiges ou encore mégots de cigarette, les déchets plastiques constituent l’essentiel de cette pollution qui souille nos littoraux. Cette pollution visible n’est cependant que la partie émergée de l’iceberg : l’essentiel se déverse de manière bien plus massive et bien moins visible, au large. A l’échelle mondiale, les chiffres donnent le tournis : selon le service de recherche du Parlement européen, la quantité totale de plastique présente dans les océans dépasse aujourd’hui les 150 millions de tonnes. Les dégâts causés par cette pollution sont multiples : le plastique présent dans les océans affecte d’abord la biodiversité marine par des phénomènes d’ingestion, d’enchevêtrement et d’exposition aux produits toxiques. Cette pollution menace également la santé humaine par le biais de la chaîne alimentaire et affecte d’importants secteurs économiques tels que la pêche, l’aquaculture ou encore le tourisme littoral. Face à ce fléau, les promesses des porteurs de solutions technologiques sont alléchantes. Entre un drone de surface « conçu pour éliminer efficacement les déchets flottants » (RanMarine, Pays-Bas), une poubelle flottante qui « élimine les déchets marins » (Seabin, Australie), ou encore le « développement et [le] déploiement à grande échelle de technologies visant à débarrasser les océans du plastique » (The Ocean Cleanup, Pays-Bas), il y a de quoi se réjouir. Ces discours marketing finement élaborés peinent néanmoins à masquer l’incapacité structurelle de ces dispositifs à résoudre le fléau de la pollution plastique en mer à l’échelle globale. Rappelons quelques ordres de grandeur : une étude publiée en 2023 dans la revue scientifique Nature fait état d’un total de déchets plastiques rejetés en mer d’environ 500 000 tonnes par an, un chiffre plus optimiste que ceux généralement avancés. En comparaison, sur l’année 2025, l’initiative The Ocean Cleanup a réalisé sa meilleure année, en retirant environ 25 000 tonnes de déchets plastiques des océans et des rivières combinés. La poubelle flottante Seabin, quant à elle, se montre capable de récupérer jusqu’à 1,4 tonne de déchets par an. Il vous reste 62.56% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.