Des millions de poulets morts étouffés dans leurs hangars, des milliers de tonnes de légumes montés en graine devenus invendables, des prairies grillées à perte de vue. La canicule de l’été 2026 s’inscrit à n’en pas douter comme un traumatisme majeur, durable, pour l’agriculture française, la première d’Europe avec une production annuelle de 87 milliards d’euros.

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Le gouvernement vient de répondre à la catastrophe au nom de la solidarité nationale, avec un plan d’urgence de 1 milliard d’euros, aussi indispensable qu’insuffisant selon les syndicats du secteur – ils en réclament au moins le double. La priorité consiste à sauver la trésorerie des exploitations et à garantir les prochaines récoltes.

La vision stratégique, ce sera pour l’automne, promet la ministre de l’agriculture, Annie Genevard, qui prépare un plan de « souveraineté » dont le contenu reste à définir. Depuis le début de l’année, la succession de réponses de court terme apportées par l’Etat n’a pas donné le sentiment d’une sérieuse volonté d’adaptation du modèle agricole. Plan pour les céréaliers, plan « engrais », plan « sécheresse » se sont enchaînés. Quant à la loi d’urgence agricole, si débattue, elle a conforté deux réponses privilégiées de longue date par la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) et l’agro-industrie, à savoir le développement des méga-élevages et le doublement des capacités de stockage d’eau d’ici à 2035.