Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Pixels Pixels Jeux vidéo Jeux vidéo Jeux vidéo L’entreprise, établie à Paris et Montréal, est connue pour les premiers épisodes de « Life is Strange ». « Aphelion », son dernier titre, publié en avril, a reçu un accueil mitigé. En 2025, 60 postes avaient déjà été supprimés. Le studio de jeux vidéo Don’t Nod envisage de se séparer de 90 salariés en France, a-t-il annoncé vendredi 4 septembre dans un communiqué, un an après un premier plan social et sur fond d’incertitudes quant à son avenir. Confronté à un marché de plus en plus concurrentiel, le groupe français, créé à Paris en 2008 et également présent à Montréal, a décidé de se recentrer « autour d’une ligne de production » unique à Paris, amenant « un ajustement des effectifs » pouvant aller jusqu’à la suppression de « 90 postes ». Le créateur de la saga Life is Strange a déjà connu un plan de départs en 2025, qui avait conduit à la suppression de près de 60 postes sur les 250 personnes employées dans le studio parisien, et plusieurs journées de grève. « Incertitude significative » L’entreprise, qui disposait à la fin de juillet de 8 millions d’euros de trésorerie, contre 15,4 millions à la fin de 2025, s’inquiète également de son avenir à court terme. Elle enregistre en outre un chiffre d’affaires en baisse de 14 % (6,1 millions d’euros au 1er semestre 2026). « La poursuite de l’exploitation demeure en partie dépendante de la mise en place de financements externes », précise le document, ce qui « représente à date une incertitude significative sur la continuité d’exploitation au-delà du 31 janvier 2027 ». « Les mesures envisagées aujourd’hui sont difficiles, nous mesurons pleinement ce qu’elles peuvent représenter pour les collaborateurs et collaboratrices concernés et nous veillons à mettre en place des mesures d’accompagnement nécessaires », a déclaré le président-directeur général et cofondateur, Oskar Guilbert, cité dans le communiqué. Dans un rapport rédigé en mai, les commissaires aux comptes de la société avaient déjà alerté sur l’épuisement des finances du studio en novembre. Son principal actionnaire, la multinationale chinoise Tencent, refuse de le renflouer. Succès critique Après un premier titre, Remember Me, sorti en 2013, Don’t Nod s’est fait remarquer en 2015 avec Life is Strange et sa suite, sortie en 2019, tous deux développés pour le compte de l’éditeur japonais Square Enix. Responsable ensuite de Vampyr (2018), développé pour Focus, l’entreprise a également autoédité le plus confidentiel Jusant (2023), qui a pourtant rencontré un important succès critique, ainsi que deux successeurs spirituels de Life is Strange : Tell Me Why (2020) et Lost Records: Bloom & Rage (2025). Sorti à la fin d’avril, Aphelion, jeu d’aventure sur une planète aux confins du Système solaire, a reçu un accueil mitigé, affichant une note moyenne de 64 sur 100 sur le site d’agrégateur d’avis Metacritic. Le studio de Montréal, qui n’est a priori pas concerné par les suppressions de postes, est responsable du jeu Lost Records: Bloom & Rage. Il planche sur un jeu narratif dérivé d’une œuvre majeure dont Netflix a la propriété intellectuelle et dont les contours n’ont pas été davantage dévoilés. D’autres entreprises françaises du secteur traversent également une mauvaise passe. Quantic Dream, créateur de Heavy Rain et Detroit: Become Human, compte se séparer de 115 salariés sur les quelque 400 que compte le studio à Paris et Montréal. En pleine restructuration, l’entreprise française Ubisoft poursuit ses fermetures de studio à l’étranger, récemment ceux de Winnipeg (Canada) et Belgrade (Serbie), et s’est séparée de plus de 4 000 employés depuis septembre 2022. Plusieurs studios ont mis la clé sous la porte et des dizaines de salariés ont perdu leur emploi ces derniers mois, dans le sillage de la mise en redressement judiciaire de l’éditeur Nacon. Le Monde avec AFP