Pourquoi le diesel et le gaz vont coûter durablement plus cher

Si le prix du baril de pétrole recule, les automobilistes peuvent encore espérer une baisse du prix du super à la pompe. Cet été, les variations de l’essence ont d’ailleurs suivi l’intensité des tensions entre l’Iran et les États-Unis. Mais pour le diesel, la logique n’est plus la même. Depuis plusieurs mois, son prix reste très élevé : 2,23 euros le litre en moyenne en France, et 2,31 euros en région parisienne.

Certes, la fiscalité du gazole s’est progressivement rapprochée de celle de l’essence. Mais les taxes restent encore légèrement inférieures, d’environ 5 centimes. Cela ne suffit donc pas à expliquer pourquoi le diesel reste aussi cher. La vraie raison est ailleurs : il manque du diesel raffiné sur le marché mondial.

Une pénurie mondiale de dieselCette tension s’explique par plusieurs facteurs. La Russie a prolongé jusqu’à fin septembre son interdiction d’exporter du diesel pour protéger son marché intérieur. Dans le même temps, les raffineries russes continuent d’être visées par des frappes ukrainiennes. En Arabie saoudite, une raffinerie a aussi dû fermer en août après des attaques des rebelles houthis du Yémen.

À cela s’ajoutent les difficultés de circulation dans le détroit d’Ormuz. Les navires qui parviennent à passer privilégient le transport de brut, plus rentable que les cargaisons de diesel. Résultat : l’offre mondiale se contracte. Au total, il manquerait 20% de diesel dans le monde. Or, l’Europe est particulièrement exposée, car 60% des voitures y roulent encore au diesel, contre seulement 20% aux États-Unis.