Bercy a chiffré le coût économique de la canicule. Les vagues de chaleur et la sécheresse en France cette année coûteront 0,1 point de croissance à l'économie française en 2026, en raison de la baisse de la production agricole. Un impact qui devrait affecter la prévision de croissance de 0,7% du gouvernement sur l'année.

Or la dynamique est déjà très affaiblie. Au premier trimestre, la croissance a reculé de 0,2%. Au deuxième trimestre, elle est restée à 0%. Et la canicule n’avait alors commencé à produire ses effets qu’au mois de juin. La question est donc simple : la France peut-elle basculer en récession ?

La question se pose très concrètement. La règle pour déclarer un pays en récession est connue : il faut deux trimestres de suite dans le rouge. À ce stade, tout va se jouer sur un fil. Le pays n’y est pas encore, mais il avance avec une marge extrêmement réduite.

Le chiffre avancé par Bercy, 0,1 point de croissance perdu, peut paraître limité. Il est pourtant présenté comme crédible. Il reste même trois fois inférieur à l’impact observé en 2003, lors du précédent été de grande canicule. Cela permet au gouvernement d’éviter, au moins pour l’instant, d’aborder son prochain budget avec une économie officiellement en récession. En revanche, une chose est sûre : la France ne sera pas au niveau des 0,5% de croissance annoncés par la Banque de France.