A mesure que les années passent, les conséquences du réchauffement climatique provoqué par les activités humaines sont de plus en plus perceptibles. L'été 2026 en France hexagonale en a été une nouvelle illustration. La saison estivale, qui s'étend du 1er juin au 31 août sur le plan météorologique, a été celle de tous les records. Canicules, incendies, sécheresse... Franceinfo dresse le bilan d'un été historique en sept cartes et graphiques.D'après les relevés de Météo-France, qui permettent de remonter jusqu'en 1900, cet été 2026 a été le plus chaud jamais enregistré à l'échelle de l'Hexagone et de la Corse. La température moyenne de la saison, calculée à partir des relevés quotidiens au plus chaud de la journée et au plus frais de la nuit, a été de 24°C. Cette valeur dépasse de près de 1°C le précédent record de l'été 2003, avec 23,1°C de moyenne. Neuf des dix étés les plus chauds ont eu lieu ces douze dernières années.L'indicateur thermique national, c'est-à-dire la température moyenne de l'Hexagone et de la Corse, a été plus chaud que la normale 83 jours sur les 92 qui se sont écoulés entre le 1er juin et le 31 août. La journée la plus chaude jamais mesurée en France a été relevée le 25 juin dernier, avec une température moyenne de 30°C, soit plus de 10°C au-dessus de la normale de saison. Avant l'été 2026, la valeur la plus élevée de l'indicateur thermique national était de 29,4°C. Ce niveau avait été atteint à deux reprises : le 5 août 2003 et le 25 juillet 2019.Le thermomètre a atteint des niveaux inédits tout au long de l'été. La barre symbolique des 40°C sous abri a été atteinte ou dépassée dans 758 des 1852 stations de Météo-France en activité pendant la saison en France hexagonale et en Corse. La plupart de ces valeurs extrêmes ont été relevées dans la moitié ouest de l'Hexagone. Le thermomètre est monté jusqu'à 45,2°C le 22 juin à Pruniers (Indre), 44,7°C le 23 juin aux Herbiers (Vendée) et 44,6°C le 23 juin à Bordeaux (Gironde). Au total, des centaines de records mensuels, mais aussi absolus, ont été battus pendant cette saison.Les nuits ont également été exceptionnellement chaudes pendant l'été. Ce phénomène ressort avec le décompte des nuits dites tropicales, c'est-à-dire celles pendant lesquelles la température n'est pas redescendue en dessous de 20°C. Le 17 juin, en plein épisode caniculaire, ces nuits chaudes ont concerné environ 75% du territoire. A Paris, on décompte 29 nuits tropicales. Mais c'est dans le Sud-Est que ces conditions éprouvantes ont été les plus fréquentes, avec jusqu'à 83 nuits tropicales relevées à Capo Sagro (Haute-Corse). A Nice (Alpes-Maritimes), le thermomètre n'est pas redescendu sous les 20°C pendant 75 nuits.La pluie a été la grande absente de cet été 2026. La saison a en effet été marquée par un fort déficit pluviométrique. En juin, il n'est tombé que la moitié des précipitations attendues en moyenne sur le pays, a relevé Météo-France. Le mois de juillet a été le troisième moins arrosé après ceux de 2022 et 2020, depuis le début des mesures en 1959. Et les orages qui se sont abattus sur la France après le 15 août n'ont pas permis de rattraper ces déficits en eau. Résultat : au 31 août, plus de 80% du territoire national était concerné par un arrêté de restriction des usages de l'eau de surface, des fleuves et des rivières.A la faveur de la sécheresse et des températures extrêmes, de nombreux incendies ont enflammé le pays en juillet et en août. Le plus important, celui du Porge (Gironde), a ravagé plus de 42 000 hectares entre le 22 juillet et le 1er août, d'après les autorités françaises. Une étendue ramenée à plus de 37 000 hectares dans le système européen d'information sur les feux de forêt (Effis) qui a sa propre méthode de mesure des surfaces brûlées à partir d'images satellites. Parmi les autres incendies remarquables de l'été figurent également celui de Fontaiebleau (Seine-et-Marne) qui a parcouru plus de 2 000 hectares, celui de Solaure-en-Diois (Drôme) qui s'est étendu sur plus de 4 000 hectares et le feu de Pontevès (Var) qui a ravagé plus de 2 800 hectares.Au total, près de 70 000 hectares de forêt et de végétation sont partis en fumée entre le 1er juin et le 31 août, d'après les données collectées par le système européen d'information sur les feux de forêt (Effis). Du jamais-vu depuis le début des mesures de cet organisme rattaché à la Commission européenne en 2006. C'est sept fois plus que la moyenne observée entre les années 2015 et 2025 et 50% de plus qu'en 2022, une année déjà marquée par de grands incendies, qui avaient ravagé plus de 30 000 hectares en Gironde.Depuis le XIXe siècle, la température moyenne de la Terre s'est réchauffée de 1,3°C. Les scientifiques ont établi avec certitude que cette hausse est due aux activités humaines, consommatrices d'énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz). Ce réchauffement, inédit par sa rapidité, menace l'avenir de nos sociétés et la biodiversité. Mais des solutions – énergies renouvelables, sobriété, diminution de la consommation de viande – existent. Découvrez nos réponses à vos questions sur la crise climatique.