Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Un mot dans l’air Un mot dans l’air Un mot dans l’air Si l’histoire de la gauche est ponctuée de scissions sur des questions stratégiques ou des conflits de valeurs, la culture de la division semble s’exacerber aujourd’hui, à mesure que son poids politique s’affaiblit. Avant une nouvelle union ? Article réservé aux abonnés Un mot dans l’air. C’est un adage bien connu à gauche : l’union est un combat. C’est peu dire, en effet, que la gauche est divisée, atomisée en plusieurs camps qui seraient même, selon l’ex-socialiste Manuel Valls, « irréconciliables ». La preuve ? A moins de huit mois du premier tour de l’élection présidentielle, une dizaine de candidats sont issus de ce camp. Réformistes, révolutionnaires, communistes, socialistes, radicaux, partisans d’un socialisme autoritaire ou libertaire… la gauche a toujours été fragmentée. « Elle est plurielle et bâtie sur des divisions, rappelle l’historien Gilles Candar. Mais ce n’est pas spécifique à la gauche. C’est vrai aussi à droite, comme l’a montré [le politologue] René Rémond [1918-2007] dans Les Droites en France. » Gilles Finchelstein, secrétaire général de la Fondation Jean Jaurès, le confirme : « Peut-être en France plus qu’ailleurs l’unité de la gauche est un mythe. Cela fait cent cinquante ans qu’elle n’existe pas. » Dès le XIXe siècle, les débats sont ainsi nourris entre Karl Marx (1818-1883) et Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865), ou entre Jean Jaurès (1859-1914) et Jules Guesde (1845-1922). Après la révolution bolchevique, en octobre 1917, la frontière se dessine entre partisans de la stratégie de Lénine (1870-1924) et ceux qui refusent les « 21 conditions » du dirigeant soviétique – soit les communistes d’un côté, et les socialistes de l’autre. Bien que tous veuillent alors l’avènement du socialisme et le renversement de la société capitaliste, c’est la question stratégique des moyens d’y parvenir qui domine les discussions, en particulier celle de la participation ou non au jeu institutionnel ou de la perspective d’une révolution par la force. A chaque période ses débats, ses clivages. « Une survivance du passé » Ainsi, au cours des années 1960, la question coloniale, notamment la guerre d’Algérie, divise les gauches. L’indignation contre la politique de répression menée par le socialiste Guy Mollet en Algérie sert de matrice à la création du Parti socialiste unifié (PSU), en 1960. Petite formation par le nombre d’adhérents, il prône, comme la CFDT de l’époque, l’autogestion. Le parti (aujourd’hui disparu) sait capter l’air du temps. Il vous reste 62.97% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.