10h59, le 26 août 2026. Sur les images de vidéosurveillance filmant le poste-frontière de Gyirong, bâtiment marquant la frontière entre le Népal et le Tibet dans le Sud-Ouest de la Chine, les passants, semblables à de petits points noirs, se mettent subitement à courir dans la même direction. Un mélange de boue, de glace et d'eau dévale à toute vitesse l'Himalaya vers la petite localité chinoise. 11h00, on ne voit plus le poste-frontière. L'image est obstruée par les gravats et la poussière. Gyirong est dévasté. Plusieurs personnes ont été emportées.

Ces images de vidéosurveillance sont visibles partout sur les réseaux sociaux. Enfin, presque partout. Car en Chine, les autorités se sont employées à censurer les contenus postés sur internet depuis la semaine dernière. Si le Népal actualise régulièrement le bilan humain des inondations (987 morts et 3.916 disparus recensés au 1ᵉʳ septembre), les autorités chinoises, elles, sont plus évasives. Au dernier décompte, qui a peu évolué, elles tablent sur un nombre de morts relativement limité (16 décès) et parlent de 546 disparus. Des chiffres difficiles à croire vu l'ampleur du sinistre.

CCTV footage showed floodwaters and debris sweeping through Gyirong Port near the Nepal-China border on Wednesday, after massive flash floods struck the area. pic.twitter.com/h6scjr9UV5— The Associated Press (@AP) August 27, 2026 Selon plusieurs médias internationaux, dont le New York Times et la BBC, Pékin contrôle largement les informations circulant sur le Tibet en censurant les réseaux sociaux et en empêchant l'entrée d'acteurs extérieurs dans cette région autonome de Chine.