Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Entreprises Entreprises Entreprises Tribune Thibault Lafont Essayiste L’essayiste Thibault Lafont déplore, dans une tribune au « Monde », que le Medef néglige le discours des patrons de PME, qui défendent un outil de travail et des emplois plutôt qu’un patrimoine. Publié le 01 septembre 2026 à 10h00, modifié le 02 septembre 2026 à 09h14 Temps de Lecture 2 min. Article réservé aux abonnés A Roland-Garros, jeudi 27 août, le Medef a réussi son coup : organiser le premier débat de la campagne présidentielle, devant des tribunes remplies de chefs d’entreprise. L’image est puissante et installe une idée simple : il existerait un « patronat », un bloc homogène, avec ses attentes : libéralisme et austérité budgétaire. J’ai passé les cinq dernières années à parcourir la France pour accompagner des dirigeants de très petites entreprises et de petites ou moyennes entreprises (PME). Plus de deux cents rencontres, des banlieues industrielles de Lille aux plateaux auvergnats, des quartiers prioritaires de Seine-Saint-Denis aux zones artisanales de Provence. Et je peux l’affirmer : ce bloc n’existe pas. Quand on dit « les patrons », on pense aux dirigeants du CAC 40, à leurs stock-options, et leur rémunération à sept chiffres. Mais la réalité est ailleurs : selon l’enquête publiée par la Confédération des petites et moyennes entreprises, en janvier 2024, la moitié des dirigeants de PME percevaient une rémunération inférieure à 2 600 euros net par mois (moins que le salaire moyen des salariés du privé). Ces femmes et ces hommes défendent donc un outil de travail et des emplois, et pas un patrimoine. Un dirigeant industriel de la région de Metz m’a raconté un jour sa conversation avec Pierre Gattaz, président du Medef [2013-2018], qui ne comprenait pas pourquoi il était favorable au maintien de l’impôt de solidarité sur la fortune. Sa réponse tenait en une question : le rôle du Medef est-il de représenter l’intérêt des patrons, ou celui des riches ? Cette question, dix ans plus tard, n’a toujours pas trouvé de réponse, et aurait mérité d’être posée à Roland-Garros. Justice et efficacité Sur le terrain, j’ai entendu tout autre chose que le discours des organisations patronales. Selon Bpifrance Le Lab, 70 % des dirigeants de PME et d’entreprises de taille intermédiaire se disent prêts à réduire la profitabilité économique de leur entreprise au profit de plus de profitabilité sociale et environnementale. Quelle est leur première préoccupation ? Offrir les meilleures conditions de travail à leurs salariés. Cette demande est jugée deux fois plus importante que celle de doubler leur activité. Il vous reste 45.9% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.