Candidat à la présidentielle de 1995, Édouard Balladur, mort ce lundi 31 août, laisse derrière lui au moins trois leçons que les prétendants d’aujourd’hui feraient bien de méditer.

La première est évidente : on ne s’emballe pas avec les sondages. Nous sommes le 1er septembre 2026, un peu plus de sept mois avant le scrutin. En septembre 1994, Édouard Balladur écrasait Jacques Chirac dans les enquêtes d’opinion. Le croisement dans les intentions de vote n’est intervenu que fin février 1995. Prudence, donc. L’ordre d’arrivée, y compris au sein d’un même camp, peut encore changer.

Dette et retraites, les mêmes blocagesLa deuxième leçon de la carrière d’Édouard Balladur, c’est que les problèmes ne se règlent pas tout seuls. Trente ans après, nous avons les mêmes.

En 1993, année de son arrivée à Matignon, le déficit dépasse les 6% et demeure au-dessus de 5% les deux années suivantes, comme lors des deux dernières années. On emprunte à tour de bras, d’autant qu’à l’époque les taux d’intérêt sont à la baisse. Résultat : la dette grossit, grossit, et atteint 56% du PIB en 1995. Cela paraît peu par rapport à aujourd’hui, mais on voit bien que les mêmes faiblesses, les mêmes lâchetés, produisent les mêmes résultats.