Habibou, scolarisé à l’école Milton, dans le 9e arrondissement de Paris, dessine les lettres et chiffres au tableau… avant de réciter l’alphabet, soutenu par son AESH. Une séquence émouvante, qui souligne le rôle crucial de cette profession. 2 e episode Une petite école française Capture d’écran France TV Par Cécile Marchand Ménard Publié le 31 août 2026 à 16h00 Énième réunion pour les enseignantes et enseignants de l’école élémentaire Milton, dans le 9e arrondissement de Paris. Autour de monsieur Goasdoué, le directeur, les mines sont graves. Depuis plusieurs mois, Olivier Lemaire (Le Musée et le Milliardaire anticonformiste, (La)Horde, révolte à Marseille…) trimbale sa caméra dans les salles de classe, la cantine et les couloirs de cet établissement. Dans Une petite école française, il documente les heures de cours devant des dizaines de petites paires d’yeux (plus ou moins attentives), les brouilles à arbitrer dans la cour de récréation… mais aussi les profs non remplacés, les AESH (accompagnants d’élèves en situation de handicap) qu’il faut trouver et même les fuites d’eau qu’il faut réparer à quelques minutes de l’ouverture du portail. Alors, lorsque tombe l’annonce — à la moitié de ce documentaire et de l’année scolaire — d’une potentielle suppression de classe à la rentrée, c’est la goutte de trop. « Nous sommes des pantins. On joue sans arrêt avec nous et ça, c’est fatigant », éclate monsieur Simon, enseignant de CP. Sans un mot de commentaire, par la finesse du montage, Olivier Lemaire parvient alors à dénoncer, lui aussi, le tragique de la situation. Dans le plan suivant, le réalisateur se glisse dans une salle de classe où le temps s’écoule au ralenti. Ici, depuis septembre, Habibou, élève non verbal, est accompagné par Dalila Chetouane, AESH. Hésitant, il enchaîne les boucles à la craie sur le tableau, les exercices pour reproduire les lettres et les chiffres, à son rythme. Un suivi précieux, que les écoles, qui jonglent entre coupes budgétaires et réductions des effectifs, ne peuvent pas toujours garantir. Soudain, le garçonnet parvient à réciter son alphabet à voix haute. Dans un plan serré, Lemaire filme son visage concentré, la main de Dalila qui tient la sienne pour le rassurer. Tandis que la mélodie composée par Vincent Delerm ferait presque oublier le vacarme qui résonne à quelques mètres de là. Une scène d’une délicatesse inouïe, hommage à une école capable d’accompagner et d’élever… à condition qu’on lui en donne le temps et les moyens. Une petite école française, documentaire disponible sur France.tv. À lire aussi : Grève des AESH : “Quand elles arrivent dans une classe, elles ont parfois du mal à trouver une chaise…” À lire aussi : École et handicap, une criante pénurie de personnel : “Mais enfin, je ne peux pas me dédoubler !” Télévision Éducation Éducation nationale France.tv Documentaire Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus
AESH, un métier méconnu mis à l’honneur dans le délicat documentaire “Une petite école française”
Habibou, scolarisé à l’école Milton, dans le 9e arrondissement de Paris, dessine les lettres et chiffres au tableau… avant de réciter l’alphabet, soutenu par son AESH. Une séquence émouvante, qui souligne le rôle crucial de cette profession.









