Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Rentrée scolaire 2026 Rentrée scolaire 2026 Rentrée scolaire 2026 Éditorial Le Monde En 2035, écoles, collèges et lycées compteront 1,7 million d’élèves en moins. Cette chute, marquée par de fortes disparités entre les régions, impose une réponse politique. Publié aujourd’hui à 11h30 Temps de Lecture 2 min. L’école publique française connaît, en cette rentrée, un cruel paradoxe. D’un côté, la campagne pour l’élection présidentielle 2027 marque une pause dans les réformes, une année de mise en œuvre de changements déjà engagés d’ailleurs bienvenue, tant professeurs et parents ont souffert des incessants à-coups des deux quinquennats d’Emmanuel Macron, en matière de programmes, de formation des enseignants ou d’organisation scolaire. Mais, d’un autre côté, jamais l’école n’aurait autant besoin d’élan nouveau, tant l’épuisement de l’institution et son déclassement, tel que ressenti par la société, dominent. Moins de 1 % du personnel se dit confiant pour l’avenir du système, selon le baromètre annuel du syndicat UNSA-Education. Une nouvelle donne impose le mouvement : la baisse démographique, dont le ministre de l’éducation nationale, Edouard Geffray, a eu raison d’exposer l’ampleur et les enjeux, en avril. En 2035, écoles, collèges et lycées compteront 1,7 million d’élèves en moins (− 14 %). Dans cette chute, de fortes disparités marqueront les régions. Et, par effet mécanique, l’enseignement privé, qui continue à faire le plein, atteindra potentiellement 50 % des effectifs. En termes financiers, quelque 16 milliards d’euros de dépenses deviendront « redéployables » – 1 à 2 milliards d’euros disponibles chaque année –, selon l’Institut Montaigne. Si rien n’est pensé, anticipé, l’affaire se résumera à la disparition de l’école dans nombre de bourgs et de quartiers, au profit des équilibres de court terme du budget national et de la réduction de la dette française. De quoi mettre en danger un pacte républicain déjà bien fragilisé par la disparition des services publics dans les territoires. Le ministre Geffray a lancé une expérimentation pour que la carte scolaire émane des acteurs locaux, et non plus de Paris. Il a mis quelques idées sur la table – « contrats d’accessibilité » pour garantir une offre publique dans un rayon géographique donné, « cités scolaires » rassemblant primaire et secondaire. Des prémices. Il reste à trouver la réponse politique, le cap. Que veut la France pour son école ? Egalité républicaine, adaptation des territoires, équilibre de la vie des futurs citoyens, performance de la nation : de grands choix se présentent, peut-être aussi fondateurs pour l’avenir que ceux qui ont vu naître l’école de Jules Ferry en 1882 ou le collège unique en 1975. La convention citoyenne sur les temps de l’enfant a clairement marqué, fin 2025, l’attachement des Français à leur école publique et les angoisses nées de la crise qu’elle traverse. Des groupes de réflexion, des associations d’élus jugent pour leur part nécessaire d’anticiper la chute des effectifs, telle Régions de France, qui suggère d’élargir la vocation des lycées au-delà de la seule pédagogie. L’école ne pourra supporter d’osciller encore quelques années entre conservatisme et réformisme. Bonne nouvelle, les candidats à l’élection présidentielle s’expriment sur le sujet de la baisse démographique, à gauche comme à droite. Des propositions convergent – notamment pour que les marges de manœuvre offertes servent à réduire la taille des classes du primaire et à revaloriser un corps enseignant paupérisé. Pour ne pas être perdue, l’année 2026-2027 doit permettre le débat national, aussi urgent que nécessaire, qui permettra de saisir cette opportunité historique. Le Monde