Ricardo Castillo

Directeur des investissements chez Mirabaud Wealth Management

Publié le 31 août 2026 à 07:30.

3 min. de lecture

L’Europe occidentale a eu chaud cet été, et ce n’est pas qu’un ressenti. Selon le programme Copernicus de l’UE, la température moyenne pour la période juin-juillet a été la plus élevée jamais enregistrée, à 21,62 °C, soit 2,79 °C au-dessus de la moyenne, dépassant le précédent record de 2022.Ces fortes chaleurs ont entraîné une hausse importante de la demande en électricité. Selon RTE, le gestionnaire du réseau électrique français, celle-ci a progressé de 20% lors des journées les plus chaudes, principalement sous l’effet du recours massif aux systèmes de climatisation et de refroidissement, qui relèvent de plus en plus d’un enjeu de santé publique et de sécurité plutôt que d’une question de simple confort.Face à ces pics de demande, le réseau électrique n’a pas pu compter pleinement sur deux de ses piliers: le nucléaire et l’éolien. En effet, sa capacité de production nucléaire a été réduite de plus de 5 GW en moyenne, et jusqu’à 10 GW lors des périodes les plus critiques, soit environ 10% de la capacité nucléaire de l’Union européenne. En cause, notamment: la température trop élevée de certains cours d’eau utilisés pour refroidir les installations, comme le Rhône ou le Danube. En Suisse, les réacteurs de la centrale de Beznau ont dû être ralentis, puis arrêtés le 26 juin dernier, lorsque l’Aar a atteint le seuil critique de 25 °C. Dans le même temps, l’Europe a connu une «sécheresse éolienne», avec des vents insuffisants pour permettre aux turbines de fonctionner à pleine capacité.Le solaire a, lui, atteint des niveaux de production record et compensé en partie les capacités manquantes – mais uniquement pendant les heures d’ensoleillement. Vers 20h, sa production chute presque à zéro, précisément lorsque la demande atteint son pic, à l’heure où les ménages regagnent leur domicile. Grâce à leur grande flexibilité, les centrales à gaz ont joué un rôle de bouclier pour combler le déficit du réseau européen. Cette capacité d’appoint a toutefois un coût: l’électricité supplémentaire produite à partir du gaz est plus chère et, selon le principe du prix marginal, son coût détermine alors le prix du marché.