Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement International International International Un si Proche Orient Un si Proche Orient Un si Proche Orient Chronique Jean-Pierre Filiu Professeur des universités à Sciences Po Tiraillé entre les Etats-Unis et l’Iran sur le détroit d’Ormuz, le sultanat d’Oman continue de miser sur le dialogue pour éviter de nouvelles escalades. Publié aujourd’hui à 07h00 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Le bras de fer entre les Etats-Unis et l’Iran sur le détroit d’Ormuz expose le sultanat d’Oman aux injonctions contradictoires des deux belligérants. Donald Trump a en effet rejeté la médiation omanaise avec l’Iran, médiation pourtant prometteuse, préférant déclencher, le 28 février, une offensive coordonnée avec Israël contre le régime des ayatollahs. Le président américain a même menacé, le 27 mai, de « pulvériser » Oman, dont il ne supporte plus la neutralité dans le conflit en cours. Mais Mascate résiste aussi à la pression de Téhéran, qui veut le contraindre à collaborer à un système inédit de péage dans le détroit. Le souverain omanais, Haïtham Ben Tareq, peut compter sur le soutien du président de la République, Emmanuel Macron, qui le reçoit, le 29 juin, à Paris. Les deux chefs d’Etat s’engagent alors en faveur d’une « navigation libre, sans restriction ni condition » dans le détroit d’Ormuz. La crise américano-iranienne met à l’épreuve la priorité accordée par Oman à la diplomatie sur les armes pour assurer sa sécurité. Cette option stratégique porte la marque du sultan Qabous ben Saïd, dont le règne, long d’un demi-siècle, de 1970 à 2020, s’est conclu par plusieurs médiations réussies, entre l’Iran et les Etats-Unis, entre le Qatar et les Emirats arabes unis, entre l’Arabie saoudite et l’Iran, ainsi qu’entre les différentes parties au conflit yéménite. L’ombre du sultan Qabous En privilégiant la négociation à la force brute, le souverain omanais faisait le pari d’une dynamique vertueuse, où l’apaisement des tensions régionales contribuerait à la stabilité de son pays. Le sultan avait en outre toute latitude pour mener la politique de son choix puisqu’il était également premier ministre, ministre des affaires étrangères et ministre de la défense. Il vous reste 63.1% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.