La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, accuse "une partie du patronat" de faire "la courte échelle à l'extrême droite en la normalisant", dans un entretien au journal Le Monde, mis en ligne samedi. "Une partie du patronat est en train de faire la courte échelle à l'extrême droite en la normalisant, alors que l'enjeu est de tout faire pour empêcher son arrivée au pouvoir", déclare la cheffe de file du syndicat.

"La question, ce n'est pas son appréciation du programme économique du RN, mais son avis sur le reste du programme. Ce que dit le RN sur notre Constitution, sur les étrangers, sur les femmes, les personnes LGBT, sur l'indépendance de la justice, sur le changement climatique...", poursuit Sophie Binet deux jours après le débat de la présidentielle organisé par le Medef.

Selon elle, les candidats n'ont pas pris la mesure du risque de l'arrivée au pouvoir du RN, ce qu'elle trouve "terrifiant". "On a l'impression d'être dans la France de 1938, avec une immense torpeur. On est dans un contexte inédit, pour la première fois l'extrême droite peut prendre le pouvoir par les urnes. Et alors qu'on est dans cette situation, aux universités d'été du Medef, les candidats se sont focalisés sur Jean-Luc Mélenchon au lieu d'attaquer Marine Le Pen, qui était tranquille", juge Sophie Binet.