Livre. Jeudi 28 août, devant des chefs d’entreprise du Medef, l’écologiste Marine Tondelier conclut une table ronde par une mise en garde adressée au patronat sur le rôle décisif qu’il jouera dans les prochaines années : empêcher l’accession au pouvoir de l’extrême droite, ou bien la favoriser. Cela, sous les yeux du président du Rassemblement national, Jordan Bardella, dont le parti est invité pour la première fois et à qui Patrick Martin, président du Medef, décerne le lendemain un timide satisfecit.
Cette ambiance de rentrée donne une actualité particulière à l’essai du journaliste de Mediapart Laurent Mauduit, fin connaisseur des milieux économiques. Collaborations (La Découverte, 320 pages, 22 euros) se veut une exploration des accointances passées et présentes du patronat français avec l’extrême droite. L’ouvrage vaut également par son analyse des convergences mondiales entre l’extrême droite et le capitalisme libertarien ; un phénomène en germe en France, notamment à travers le soutien apporté par le milliardaire Pierre-Edouard Stérin à différents partis nationalistes.
Le titre est choisi à dessein en référence au régime de Vichy. Et, si Laurent Mauduit réfute un « strict parallèle historique », il rappelle le soutien apporté par les milieux d’affaires à l’extrême droite au cours de l’entre-deux-guerres, puis, sous l’Occupation, au pétainisme, ou encore au parti nazi ou au fascisme italien.






