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DécryptageLa démographie aidant, les plus de 65 ans pèsent de plus en plus lourd dans l’économie, le budget de l’Etat et l’électorat. Une réalité qui complique la tenue d’un débat sur l’équité entre les générations, à huit mois de la prochaine élection présidentielle.

C’est un rituel pour chaque candidat à l’élection présidentielle : partout, de gauche à droite, les candidats invoquent l’avenir et la jeunesse dans leurs promesses. Pendant ce temps, la France vieillit, son électorat aussi. Les retraités, qui représentent environ un tiers des personnes en âge de voter, pèsent « jusqu’à 40 % des suffrages exprimés aux élections nationales », estime le politologue Luc Rouban. Les mots « gérontocratie » ou « veto générationnel » ont fait irruption dans le débat, renouvelant le récit, toujours vivace depuis la fin des « trente glorieuses », de la guerre des générations. Un spectacle bien connu opposant « des baby-boomeurs aisés et égoïstes, ayant vécu au-dessus de leurs moyens et dilapidé les fruits de l’Etat-providence, et les générations suivantes, auxquelles ils n’auraient laissé que des dettes, de la souffrance et des larmes », comme l’écrit le sociologue Camille Peugny dans son livre Pour une politique de la jeunesse (Seuil, 2022).