Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Économie française Économie française Économie française Chronique Stéphane Lauer Editorialiste au « Monde » La publication récente des projections de population à l’horizon 2070 de l’Insee et du rapport du Conseil d’orientation des retraites résonnent comme une invitation à se préparer à des scénarios de vieillissement de la France jusque-là largement ignorés, souligne, dans sa chronique, Stéphane Lauer, éditorialiste au « Monde ». Publié aujourd’hui à 05h00, modifié à 07h38 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés La France va-t-elle enfin sortir de son déni démographique ? Deux publications tombent à point nommé pour faire du vieillissement du pays un sujet structurant de la campagne présidentielle de 2027. Les projections de population à l’horizon 2070, révélées, lundi 8 juin, par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) et le rapport annuel du Conseil d’orientation des retraites (COR), dévoilé jeudi 11 juin, résonnent comme une invitation à se préparer à des scénarios jusque-là largement ignorés. Ces données ne sont ni des prévisions ni des prédictions, mais des extrapolations crédibles au regard de tendances qui ont commencé à s’amorcer. Leur principal intérêt est de contribuer à refermer la parenthèse du débat surréaliste qui a eu lieu au moment de la réforme des retraites de 2023. La question de l’adaptation au vieillissement de la population n’a cessé d’être niée, relativisée ou déformée, pour ne retenir que les aspects politiques les plus clivants du projet de loi, en faisant croire que le statu quo, voire l’abaissement de l’âge de départ, pouvait être soutenable pour financer le système. Que cela plaise ou non, en 2070, la population française sera probablement plus âgée et moins nombreuse qu’aujourd’hui, et il est urgent d’en tirer les conséquences. L’évolution démographique en cours est inédite et porteuse de changements profonds sur le plan économique et sociétal. La France compterait ainsi 65,9 millions d’habitants en 2070, soit 3,2 millions de moins qu’aujourd’hui. Pour mémoire, en 2016, l’Insee tablait, à cet horizon, sur 10 millions d’individus en plus. Cette révision drastique à la baisse ne surgit pas de nulle part : ces quinze dernières années, la fécondité française s’est effondrée. Le pays affichait encore près de deux enfants par femme en 2010. Aujourd’hui, l’indicateur est tombé à 1,56, soit une chute des naissances de 25 %, au point que le solde naturel est devenu négatif dès 2025, dix ans plus tôt que ne l’anticipait l’Insee en 2021. Il vous reste 67.32% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« La démographie rappelle que gouverner consiste d’abord à affronter le réel plutôt qu’à différer des ajustements inévitables »
CHRONIQUE. La publication récente des projections de population à l’horizon 2070 de l’Insee et du rapport du Conseil d’orientation des retraites résonnent comme une invitation à se préparer à des scénarios de vieillissement de la France jusque-là largement ignorés, souligne, dans sa chronique, Stéphane Lauer, éditorialiste au « Monde ».










