Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Dépendance Dépendance Dépendance Chronique Stéphane Lauer Editorialiste au « Monde » Malgré la multiplication des épisodes de canicule, dont les principales victimes sont les personnes âgées, la France continue de procrastiner sur le sujet du financement de la dépendance, estime, dans sa chronique, Stéphane Lauer, éditorialiste au « Monde ». Publié aujourd’hui à 06h00, modifié à 10h13 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Après deux épisodes de canicule, en mai et en juin, la France est déjà sous la menace d’une nouvelle vague de chaleur. les personnes âgées, surtout les plus fragiles et les plus isolées, en sont les premières victimes. En 2003, la canicule avait provoqué un électrochoc : près de 15 000 décès supplémentaires, une sidération nationale, et la création de la « journée de solidarité ». Depuis 2004, ce dispositif a généré plus de 36 milliards d’euros. Pourtant, la prise en charge de la dépendance reste insuffisante. Non parce que l’effort aurait été vain, mais parce que les besoins ont augmenté plus vite que les moyens, et surtout plus vite que la capacité politique à penser la question du grand âge sur le long terme. Le traitement de la perte d’autonomie suit inexorablement le même cycle stérile. Une promesse solennelle en début de mandat présidentiel, la commande d’un rapport, le lancement d’une concertation, puis… le silence. La loi « grand âge », annoncée au lendemain de la première élection d’Emmanuel Macron, promise à nouveau en 2022, et censée être déclinée en plan national pour le début de 2026, a été reportée sine die après le départ en février de la ministre déléguée à l’autonomie. En attendant, le gouvernement vient d’annoncer que les Ehpad seront rebaptisés « Maisons France autonomie ». Faute de se doter des moyens de consolider l’édifice et l’architecture de son financement, on ne fait que ravaler la façade en changeant d’enseigne. Ce qui se joue derrière ces atermoiements et ces retouches cosmétiques n’a rien d’une défaillance morale. C’est une impuissance structurelle de notre démocratie. Coût immédiat, bénéfice différé Depuis le rapport Libault de 2019, les projections sont pourtant claires. D’ici à 2050, la France comptera près de 2,8 millions de personnes âgées dépendantes, soit une hausse de 35 %. Le pic de la dépendance sera atteint à cette date, avec une progression de 40 % des bénéficiaires de l’allocation personnalisée d’autonomie et des besoins massifs en main-d’œuvre. Selon un rapport récent de la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques, entre 150 000 et 200 000 emplois supplémentaires dans le soin, l’accompagnement et l’aide à domicile et 365 000 nouvelles places dans les maisons de retraite. Il vous reste 62.12% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.