Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Population Population Population La professeure d’économie propose, dans son nouvel essai, de ne plus considérer la baisse de la natalité et le vieillissement de la population comme une fatalité, mais plutôt d’accepter cet état de fait, pour mieux l’accompagner. Article réservé aux abonnés Livre. Au lieu de s’alarmer, s’adapter ? Face à la baisse tendancielle de la natalité, au vieillissement de la population et à un solde naturel négatif en 2025 – une première depuis la fin de la seconde guerre mondiale –, l’économiste Pauline Rossi propose, dans Le Déclin démographique, une urgence économique ? (PUF, 208 pages, 13 euros), d’analyser scientifiquement les causes et les conséquences de ces nouvelles réalités. Un travail éloigné des discours catastrophistes sur la chute de la natalité, qui bien souvent « reposent sur un mélange d’inquiétudes scientifiquement validées et de fantasmes collectifs », observe la professeure d’économie à l’Ecole polytechnique et au Centre de recherche en économie et statistique. Discours sur la disparition de l’espèce, crainte d’une perte de compétitivité économique, questionnement sur notre modèle social… Les variations démographiques nourrissent des craintes de nature plus ou moins existentielle. Aujourd’hui, elles portent notamment sur le devenir de notre système de financement de la Sécurité sociale, confronté aux effets conjugués du vieillissement de la population et de la baisse des naissances. Cela arrive au moment où la forte polarisation du débat politique rend difficile une réflexion sereine sur le sujet de l’immigration, qui constitue pourtant le principal levier d’action à court terme. Et si, plutôt que de chercher à tout prix à inverser la tendance, il fallait s’accommoder de cette nouvelle donne ? Se réjouir des effets positifs de la dépopulation sur la préservation des ressources naturelles et de la biodiversité, par exemple, et concentrer les efforts sur la limitation de ses répercussions sur l’économie, en garantissant un modèle social soutenable ? Pauline Rossi invite à tracer cette voie, sans nier la difficulté de l’exercice. Déconstruire l’anxiété L’adaptation doit conduire à « changer l’économie en réponse à la démographie, et non pas l’inverse », soutient la professeure. Cela passe par le soutien à l’innovation, en mettant l’accent sur le virage technologique, mais aussi par la valorisation des compétences des individus déjà nés, et par une réflexion sur la participation des seniors à la vie économique. Autant de pistes à explorer, suggère la chercheuse, qui montre que les politiques de relance de la natalité, qu’elles aient été coercitives (comme l’interdiction de l’avortement et la lutte contre la contraception) ou incitatives (congés parentaux, mesures fiscales favorisant les familles nombreuses) ont globalement peu d’effets sur les comportements de fécondité. Il vous reste 10.65% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
S’adapter au déclin démographique : les pistes de l’économiste Pauline Rossi
La professeure d’économie propose, dans son nouvel essai, de ne plus considérer la baisse de la natalité et le vieillissement de la population comme une fatalité, mais plutôt d’accepter cet état de fait, pour mieux l’accompagner.











