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ReportageLes exploitants s’efforcent de survivre face au goulet d’étranglement de leurs ventes à l’étranger et au blocus imposé par la Russie aux ports de la mer Noire, alors que l’Ukraine joue un rôle critique dans la sécurité alimentaire mondiale.

Cet été, le ciel a été plus clément en Ukraine qu’en France. « Nous avons eu des pluies généreuses, et c’est heureux, car nous n’avons aucun moyen d’irriguer les terres depuis la destruction du barrage de Kakhovka par les Russes [en juin 2023] », raconte Volodymyr Melnyk, 69 ans, un exploitant agricole autrefois prospère, qui possède 1 200 hectares de terre à proximité de Kryvy Rih, dans le sud de l’Ukraine.

La récolte de céréales a été abondante et déborde des vastes hangars à grain de l’exploitation. « Près de 2 000 tonnes de blé gisent à ciel ouvert, faute de place, poursuit cet ancien député de la Rada, le Parlement ukrainien. J’en écoule au goutte-à-goutte, en envoyant mes camions au port [roumain] de Constanta, mais j’ai de la chance. Les exploitants de taille plus modeste, qui n’ont pas de camions, sont coincés. »