Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Réforme des retraites Réforme des retraites Réforme des retraites Tribune Michaël Zemmour Economiste Suspendre l’indexation des retraites sur la hausse des prix est une mauvaise idée, explique l’économiste spécialiste du sujet, dans une tribune au « Monde ». Les pensions ne sont pas si élevées que certains l’imaginent et d’autres outils sont plus adaptés pour mettre les ménages aisés à contribution. Publié aujourd’hui à 07h00 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Le débat budgétaire revient et, avec lui, la recherche d’économies qui porteraient notamment sur les retraites. Il résonne malheureusement comme une redite des années précédentes, et fait jusqu’ici l’impasse sur les enjeux climatiques. Pourtant, la gestion des risques de l’été prochain (écoles fournaises, hôpitaux non rafraîchis, incendies, gestion de l’eau…) relève bien de ce gouvernement et de cette Assemblée : ce sujet devrait primer lors de cette rentrée, quelles que soient les mesures d’ajustement budgétaire jugées nécessaires. Pour ce qui est des retraites, suspendre l’indexation des pensions sur la hausse des prix est une source d’économies évidente. La recette peut marcher (budgétairement), et elle n’est pas un tabou (on y a déjà eu recours). Mais elle écorne le contrat passé avec les assurés, qui veut que les pensions de base, si elles ne progressent jamais, ne perdent pas de valeur au cours du temps. C’est un des piliers de la confiance nécessaire au système, inscrit dans la loi. Par ailleurs, il est difficile de faire passer la désindexation pour la correction d’une injustice. Les retraités n’ont pas été épargnés par les difficultés économiques récentes et ne sont pas le groupe privilégié que certains décrivent. Désindexer de l’inflation les pensions serait légitime si les revenus des actifs avaient connu un choc économique permanent, qui ne se serait pas transmis aux pensions de retraite. Mais, dans la période récente, les pensions n’ont pas connu une évolution favorable. Les retraites complémentaires du privé (Agirc-Arrco), qui représentent un tiers de la pension des retraités modestes et plus pour les pensions élevées, sont déjà sous-indexées. De plus, des mesures ciblées – désindexation temporaire des retraites de base en 2014, hausse de la contribution sociale généralisée [CSG] en 2018 – ont accentué le phénomène. Certes, en 2022 et 2023, années de forte inflation, les pensions de base ont progressé davantage que les salaires ; mais, toutes les autres années, l’inverse s’est produit. Il vous reste 65.08% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Michaël Zemmour : « Il est difficile de faire passer la désindexation des pensions de retraite pour la correction d’une injustice »
TRIBUNE. Suspendre l’indexation des retraites sur la hausse des prix est une mauvaise idée, explique l’économiste spécialiste du sujet, dans une tribune au « Monde ». Les pensions ne sont pas si élevées que certains l’imaginent et d’autres outils sont plus adaptés pour mettre les ménages aisés à contribution.









