Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Réforme des retraites Réforme des retraites Réforme des retraites Tribune Bertrand Martinot Economiste Le montant des économies nécessaires pour stabiliser les finances publiques oblige à réduire les dépenses liées aux retraites, explique l’économiste Bertrand Martinot, dans une tribune au « Monde ». Publié aujourd’hui à 06h00 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Il aura suffi d’un ballon d’essai lancé dans la torpeur estivale, la sous-indexation des pensions les plus élevées, pour relancer une guerre des retraites dont on conviendra qu’elle est moins exaltante que le film La Bataille de Gaulle. La séquence que nous vivons illustre parfaitement le risque que la période électorale qui s’ouvre soit prise en otage par la démagogie et le déni de réalité. Il faut dire que les propos tenus à cette occasion par une partie des responsables politiques sont édifiants. Pour ne pas avoir à toucher un centime d’euro des pensions, il suffirait, au choix, d’annuler la dette publique, de taxer les « riches », d’arrêter toute immigration, de lutter contre la fraude, sans oublier de couper dans le « train de vie de l’Etat »… Tout est fait pour rassurer l’électeur, retraité ou futur retraité, et lui faire croire qu’il ne sera pas mis à contribution. Ce discours doit être confronté à l’arithmétique la plus élémentaire. Que nous dit-elle ? La stabilisation – on ne parle pas de diminution – de la dette publique en proportion du produit intérieur brut à son niveau actuel, le plus élevé en temps de paix depuis 1936, suppose de réduire le déficit d’environ 125 milliards d’euros en cinq ans [selon les chiffres d’un rapport de quatre experts indépendants commandé par le gouvernement et remis en juillet]. Sachant que les dépenses de l’Etat hors pensions des fonctionnaires s’élèvent à 420 milliards d’euros, aucun gouvernement, fût-il dirigé par un Javier Milei français, ne parviendrait à réaliser cette purge financière en se contentant d’agir sur ce seul levier. On rappellera que l’Etat, par ailleurs étranglé par l’explosion des charges d’intérêt de la dette, doit fournir dans le même temps un effort supplémentaire dans le domaine militaire, de l’ordre de 30 milliards d’euros. Quant aux dépenses de santé et de dépendance, qui représentent près de 20 % des dépenses publiques totales, personne ne pense sérieusement qu’il sera possible de les diminuer de manière substantielle dans les prochaines années, compte tenu de la dynamique démographique. Il vous reste 62.75% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« Sans recul de l’âge de départ en retraite et sous-indexation temporaire des pensions, la crise financière est inévitable »
TRIBUNE. Le montant des économies nécessaires pour stabiliser les finances publiques oblige à réduire les dépenses liées aux retraites, explique l’économiste Bertrand Martinot, dans une tribune au « Monde ».









