Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Livres Livres Livres Romans francophones Romans francophones Romans francophones Chronique Tiphaine Samoyault Ecrivaine et essayiste Le feuilleton littéraire de Tiphaine Samoyault, à propos du « Livre des souterrains », de Phœbe Hadjimarkos Clarke, deuxième roman de l’écrivaine, remarquée en 2024 pour « Aliène ». Publié aujourd’hui à 19h00 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Sélectionné pour le Prix littéraire « Le Monde » 2026 « Le Livre des souterrains », de Phœbe Hadjimarkos Clarke, Sous-sol, 334 p., 21,50 €, numérique 15 €. Deux romans paraissant cette rentrée proposent une réflexion sur la frontière en s’inscrivant dans le milieu de l’art contemporain : Le Livre des souterrains, de Phœbe Hadjimarkos Clarke, et Rien à voir, de Gaëlle Obiégly (Verticales, 288 pages, 21 euros, numérique 15 euros). Je ne parlerai que du premier aujourd’hui – du second dans un prochain feuilleton –, mais les points communs entre les deux textes sont étonnants : tous deux mettent en évidence la puissance des contes, l’emboîtement des espaces ; tous deux pratiquent la métalepse, ou l’art de franchir allègrement les frontières entre fiction et réalité. Je n’y vois pas une simple coïncidence, mais au contraire une préoccupation profonde de deux autrices qui se posent la question du rôle de l’art en temps de crise. Le léger décalé du Livre des souterrains – l’histoire se déroule à l’été 2030 – rend le contexte vraisemblable, à savoir juste un peu pire qu’aujourd’hui : un été encore plus chaud, plus longtemps, et une lutte renforcée contre les migrants aux frontières – celle entre la France et l’Allemagne a été fermée, les contrôles ont repris, la police est partout. Le récit principal, le journal que tient l’artiste Marie Marzouk du 6 juin au 30 juillet, jour où elle disparaît sans laisser de trace, est enchâssé dans le commentaire qu’en fait Gabrielle Camara (allusion transparente à l’écrivaine féministe argentine Gabriela Cabezon Camara), historienne de l’art, pour accompagner sa publication. Le journal lui-même incorpore les feuillets épars d’une histoire parallèle, plus fantastique, mais dont la réalité finit par rejoindre la première. Il vous reste 70.1% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« La protagoniste du nouveau roman de Phœbe Hadjimarkos Clarke explore la fluidité comme force et comme forme »
CHRONIQUE. Le feuilleton littéraire de Tiphaine Samoyault, à propos du « Livre des souterrains », de Phœbe Hadjimarkos Clarke, deuxième roman de l’écrivaine, remarquée en 2024 pour « Aliène ».






