Les campagnes électorales de la rentrée en Europe – législatives en Suède, régionales en Allemagne, présidentielle en France – illustrent à quel point le piège tendu par les surenchères de l’extrême droite sur l’immigration fonctionne.

En Suède, le parti d’extrême droite des Démocrates de Suède (SD), en perte de vitesse, a décidé de savonner la planche de ses alliés de la coalition – Libéraux, conservateurs et Chrétiens-démocrates. Le SD appelle ses électeurs à ne plus soutenir les Libéraux, alors que leur cheffe de file avait annoncé qu’elle accepterait des ministres d’extrême droite au gouvernement. Après avoir poussé avec succès ces dernières années les démocrates à serrer la vis de la politique migratoire suédoise, le SD se radicalise, nourrissant une montée du discours raciste et antimusulman dans le pays.

En Allemagne, le chancelier conservateur, Friedrich Merz, fragilisé dans son camp, tablait sur une fermeture de l’immigration pour contenir l’extrême droite, mais celle-ci reste en embuscade. La tête de liste du parti Alternative für Deutschland pour le scrutin du 6 septembre en Saxe-Anhalt, Ulrich Siegmund, pourrait devenir le premier gouverneur d’extrême droite d’un Land. Séducteur et affable, il prône une accélération des expulsions, l’obligation de travaux d’intérêt général pour les demandeurs d’asile et la création de classes spéciales pour les enfants de réfugiés dans les écoles.