Jordan Bardella, président du Rassemblement National, le 28 février 2026.
Les barrages contre l’extrême droite prennent l’eau. Les électeurs appelés, tels des castors, à colmater les fuites en unissant leurs voix contre la menace, se montrent de moins en moins motivés pour les réparer. Au Parlement européen, c’est une digue entière qui a sauté. Le projet de règlement visant à accélérer les expulsions de migrants en situation irrégulière, soumis au vote en séance plénière jeudi 26 mars, est pour la première fois le fruit d’une coopération des conservateurs et des trois groupes parlementaires d’extrême droite. La rupture est historique pour une assemblée supranationale où les votes résultent en général de compromis noués entre conservateurs, sociaux-démocrates et libéraux.
Partout en Europe, l’ostracisme ciblant l’extrême droite populiste au moyen d’un "cordon sanitaire" montre ses limites. Les votes de plus en plus massifs obtenus par ses représentants - leur dynamique dans les urnes s’est encore confirmée le 22 mars lors d’élections locales en France et en Allemagne et de législatives en Slovénie - transforment la composition des coalitions gouvernementales en casse-tête.
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