Economie Tech et transformationsTech. Temps d'écran plafonné, "likes" masqués, restrictions nocturnes… Meta a accepté une série de mesures inédites pour mettre fin aux poursuites judiciaires. Un accord à plusieurs milliards de dollars qui pourrait aussi mettre la pression sur TikTok, YouTube et Snapchat.articleLecture 4 MinPublié le 26/08/2026 à 20:37Sous réserve d'approbation par un juge fédéral, les nouvelles règles s'appliqueront automatiquement aux comptes identifiés comme appartenant à des utilisateurs de 13 à 17 ans dans les Etats signataires.imagebroker/imageBROKER/Jochen Tack/Newscom/MaxPPPSous la pression de la justice américaine, Meta s'apprête à réécrire les règles d'Instagram et Facebook pour les moins de 18 ans. Le groupe a trouvé ce mercredi 26 août un accord avec des dizaines d'Etats américains, en échange de la fin d'un procès intenté par 47 Etats, le district de Columbia et plusieurs territoires.La Californie, le Colorado, le Kentucky et le New Jersey, à la tête d'un consortium plus large, affirmaient que Meta avait conçu Facebook et Instagram pour créer une dépendance chez les enfants, qu'elle connaissait les risques de ses plateformes, mais qu'elle avait caché cette information au public. Les plaignants pointaient des mécanismes désormais bien documentés : fil infini, notifications incessantes, algorithmes de recommandation ultra-personnalisés, tous conçus pour maximiser le temps passé en ligne et donc les revenus publicitaires.L'accord met fin à ce procès en plein déroulement, alors que les témoignages d'experts et d'anciens salariés devaient encore se poursuivre. Pour les procureurs, il s'agit d'une victoire majeure : non seulement Meta devra payer jusqu'à 17 milliards de dollars sur dix ans, mais le groupe devra aussi modifier en profondeur le fonctionnement de ses applications pour les mineurs. Ce qui va changer pour les adosSous réserve d'approbation par un juge fédéral, les nouvelles règles s'appliqueront automatiquement aux comptes identifiés comme appartenant à des utilisateurs de 13 à 17 ans dans les Etats signataires. Ces comptes auront un plafond de deux heures par jour, cumulées entre Facebook et Instagram, avec des pauses obligatoires après 15 minutes d'usage continu, puis à 60 et 90 minutes. Un mode "nuit" sera aussi mis en place et bloquera l'accès aux deux applications entre minuit et 6 heures, hors messagerie, et coupera les notifications de 22 heures à 7 heures ainsi que pendant les heures de cours.Autres mesures emblématiques : les nombres de "likes" et de réactions ne seront plus affichés pour les publications des mineurs, ni pour celles qu'ils consultent, et certains filtres de beauté extrêmes, notamment ceux imitant la chirurgie esthétique, seront interdits pour cette tranche d'âge. Seul un parent pourra lever ou modifier ces restrictions. Une clause "TikTok et YouTube"Meta conditionne une partie de son paiement, environ 30 % des 16,7 milliards de dollars, à l'adoption de règles similaires par TikTok, YouTube et Snapchat. Si ces concurrents s'engagent sur des mesures équivalentes, la limite de temps passerait à une heure par application (tout en maintenant un plafond global de deux heures) et le blocage nocturne serait étendu de 22 heures à 7 heures. Dans le cas contraire, Meta ne paiera que les 70 % garantis, soit environ 11,7 milliards de dollars.Rien n'indique, à ce stade, que ces mesures s’appliqueront automatiquement en France ou dans l'Union européenne. La Commission européenne, par la voix de son porte-parole Thomas Regnier, a précisé qu'elle ne commenterait pas l'accord conclu par Meta avec la quasi totalité des Etats américains, ajoutant que le groupe "a toujours la possibilité de proposer des engagements dans l'UE".