Enfants Accusé d’avoir insuffisamment protégé les enfants, TikTok verse 400 millions de dollars à la justice américaine pour éviter les poursuites, sans pour autant reconnaître sa responsabilité. Aux États-Unis comme en Europe, les réseaux sociaux sont actuellement sous pression. Accusés d’avoir des effets néfastes sur les mineurs, TikTok et ses concurrents sont sous surveillance en Europe et aux États-Unis. Photo Jan Woitas/dpa/picture-alliance via MaxPPP. Par Romain Colas - avec AFP Publié le 22 août 2026 à 11h25 TikTok a accepté de payer jusqu’à 400 millions de dollars pour solder des accusations de collecte illégale de données d’enfants, a annoncé vendredi la justice américaine, en pleine offensive des autorités aux États-Unis et en Europe contre les réseaux sociaux, accusés d’insuffisamment protéger les mineurs. Depuis une plainte de 2024, « TikTok a connu des changements importants dans son actionnariat, sa direction, ses procédures de conformité et ses pratiques en matière de vie privée », a déclaré le ministère de la Justice dans un communiqué, citant des mesures « destinées à renforcer les garde-fous pour les jeunes utilisateurs » et « le contrôle parental ». Propriété du groupe chinois ByteDance au moment de la plainte, TikTok est passé en janvier sous le contrôle d’une coentreprise à majorité américaine pour éviter une interdiction votée par le Congrès, qui l’aurait coupé de ses 200 millions d’utilisateurs aux États-Unis. ByteDance en détient désormais un peu moins de 20 %. Selon la plainte déposée en août 2024 par le ministère américain de la Justice et l’autorité de protection des consommateurs (FTC), TikTok a « sciemment » laissé des millions d’enfants de moins de 13 ans créer des comptes et collecté leurs informations personnelles sans en informer leurs parents ni obtenir leur consentement. Y compris via des comptes créés en « Kids Mode », censés leur être réservés. Ces enfants ont aussi « interagi avec des utilisateurs adultes et accédé à des contenus pour adultes », accusait le ministère. Il reprochait également à l’entreprise de ne pas avoir honoré les demandes de suppression de comptes formulées par les parents. À lire aussi : Réseaux sociaux : “Il faut réfléchir avec les enfants, en partant de leurs expériences” L’accord, qui n’emporte aucune admission de responsabilité, prévoit que TikTok verse 300 millions de dollars immédiatement. Un versement de 100 millions supplémentaires est prévu, sous condition de l’annulation d’une précédente ordonnance. Joint par l’AFP, Tiktok n’a pas réagi dans l’immédiat. TikTok reste dans le viseur en Europe TikTok reste sous pression en Europe sur le même terrain : la Commission européenne l’a accusé fin juillet de manquer à ses obligations de protection des mineurs, faisant planer la menace d’une forte amende. Bruxelles reproche à l’application d’avoir mis en place des paramètres de confidentialité pour adolescents qui ne les protègent pas suffisamment des risques de cyberharcèlement et d’exposition à d’éventuels prédateurs. Aux États-Unis, TikTok est aussi concerné par le vaste contentieux national, qui englobe aussi Meta (Facebook et Instagram), Snapchat et YouTube, tous poursuivis par des familles, des collectivités scolaires et une coalition d’États américains qui les accusent d’avoir dégradé la santé mentale des adolescents. Le ministère présente cet accord comme « l’un des plus importants jamais obtenus » dans un dossier lié à la loi COPPA (Children’s Online Privacy Protection Act), qui protège depuis 1998 les données personnelles des moins de 13 ans en ligne. Nombre de poursuites judiciaires contre les réseaux sociaux aux États-Unis, comme le procès en cours contre Meta à Oakland (Californie), s’appuient sur ce texte législatif. Le communiqué ne précise pas la destination des fonds. En mai, la chaîne américaine ABC News, citant des sources proches des discussions, avait rapporté que l’administration Trump envisageait d’utiliser ces 400 millions pour financer ses projets d’embellissement de Washington. En France, le Conseil constitutionnel a censuré le 14 août la loi interdisant l’accès aux réseaux sociaux des mineurs de moins de 15 ans, qui constituait une première européenne après une première initiative en Australie. Ses membres ont estimé qu’une telle mesure constituait « une atteinte disproportionnée » à la liberté d’expression des jeunes, reprochant une interdiction insuffisamment ciblée. Le gouvernement revoit actuellement sa copie et planche sur « une rédaction juridiquement plus robuste » à la demande d’Emmanuel Macron. À lire aussi : X, YouTube et Facebook remplacent les médias traditionnels pour s’informer Enfants États-Unis Réseaux sociaux TikTok Le magazine en format numérique Lire le magazine Les plus lus Pour soutenir le travail de toute une rédaction, abonnez-vous Pourquoi voyez-vous ce message ? Vous avez choisi de ne pas accepter le dépôt de "cookies" sur votre navigateur, qui permettent notamment d'afficher de la publicité personnalisée. Nous respectons votre choix, et nous y veillerons. 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