Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Permis d’espérer L’épisode 3 sera disponible prochainement. Permis d’espérer L’épisode 3 sera disponible prochainement. « Permis d’espérer » (2/6). Alors que de trop nombreuses forêts européennes sont transformées en usines à bois par la monoculture et les coupes rases, la Confédération helvétique expérimente une technique ancestrale qui favorise la fraîcheur et la biodiversité. Article réservé aux abonnés Ces arbres-là, il ne les connaissait pas. Ingénieur forestier, Ernst Zürcher regarde les sapins douglas de la forêt de Felliwald, dans le canton de Berne, en Suisse, comme de vivants piliers, symboles d’une forêt bigarrée qu’il rêvait d’approcher. Fuselés, hissés par la lumière du soleil, nichés au bord d’un sentier légèrement traversant, « ces arbres sont les plus grands de mon pays », lâche le forestier, soufflé qu’une résidente néerlandaise de Busswil bei Melchnau, croisée par hasard à l’orée du bois, lui en ait simplement indiqué l’emplacement. Cela fait des années qu’il s’égare, cherche à les atteindre et à les observer. Crinière argentée, short à poches fermées et chemisette respirante bleue comme ses yeux, le voici à leur pied. Le plus élevé atteint 61 mètres. « On dirait une échelle pour le ciel », dit-il, émerveillé, entourant le tronc pour en éprouver la circonférence et saluant fièrement le colosse. Le sapin douglas n’est pas une espèce endémique, mais importée d’Amérique du Nord. Introduit en 1827 par le botaniste écossais David Douglas (1799-1834), qui lui a donné son nom, ce conifère non indigène est sans conteste le plus rentable de la sylviculture industrielle par son envergure et sa robustesse. Sa monoculture a transformé les forêts en usines à bois. Les coupes rases et les fongicides stérilisent leur litière riche en résine, qui s’enflamme comme des allumettes dès qu’il fait sec. « Mais, lorsqu’on laisse pousser ce géant en compagnie d’autres essences, notamment de feuillus, le douglas cohabite parfaitement et apporte à la forêt toutes ses vertus », témoigne Ernst Zürcher. Il vous reste 84.98% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.