Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Réseaux sociaux Réseaux sociaux Réseaux sociaux Tribune Sophie Jehel Professeure en sciences de l’information et de la communication Première source d’information des jeunes et modalité de réalisation de leurs droits culturels fondamentaux, les réseaux socionumériques méritent d’être mieux régulés, estime Sophie Jehel, professeure à l’université Paris-VIII, dans une tribune au « Monde ». Publié aujourd’hui à 06h01 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés Le Conseil constitutionnel a censuré, vendredi 14 août, l’interdiction des réseaux socionumériques aux mineurs de moins de 15 ans. Le gouvernement et les parlementaires qui l’ont votée la considéraient comme une mesure nécessaire au regard de l’impact que l’utilisation intensive de ces plateformes par les mineurs a sur leur santé. Les membres de l’institution de la rue de Montpensier ont estimé que cette loi poursuivait un objectif légitime, à savoir la protection des mineurs, mais qu’elle s’opposait de manière frontale et disproportionnée à leur liberté d’expression et de communication. Cette affirmation est d’autant plus intéressante que plusieurs pays démocratiques (le Royaume-Uni, l’Espagne, le Portugal et la Slovénie) envisagent la voie de l’interdiction aux mineurs pour résoudre le problème des atteintes à la santé mentale des adolescents – voie que l’Australie a ouverte. Depuis plus de quinze ans, les plateformes de réseaux socionumériques offrent aux adolescents des modalités d’expression et d’accès à des espaces publics et privés qu’aucun média précédent n’avait proposées. Les usages qui s’y sont répandus sont intensifs et diversifiés. Ils répondent aux centres d’intérêt des adolescents, qu’il s’agisse de sociabilité conversationnelle, de recherche de reconnaissance sociale, d’information (culturelle et générale) ou encore de divertissement. Les réseaux socionumériques représentent ainsi un moyen de réalisation de leurs droits culturels fondamentaux, reconnus par la Convention internationale des droits de l’enfant. D’après une étude de l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) intitulée « Protection des mineurs en ligne : quels risques ? Quelles protections ? » et rendue publique en septembre 2025, avant l’âge de 13 ans, 62 % des mineurs utilisent l’une des plateformes (Snapchat, TikTok, YouTube, Instagram, Facebook, Pinterest). Au-delà de cet âge, ils sont 80 %. Selon l’Observatoire de l’audience des plateformes en ligne, mis en place par l’Arcom en 2024, TikTok et Snapchat sont de loin celles sur lesquelles les 12-17 ans passent le plus de temps, suivies de YouTube et d’Instagram, même s’il existe aussi des différences en fonction des milieux sociaux et du genre. Il vous reste 68.68% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« Si une interdiction d’accès aux réseaux sociaux est anticonstitutionnelle, la protection des mineurs nécessite que les discours de haine soient interdits »
TRIBUNE. Première source d’information des jeunes et modalité de réalisation de leurs droits culturels fondamentaux, les réseaux socionumériques méritent d’être mieux régulés, estime Sophie Jehel, professeure à l’université Paris-VIII, dans une tribune au « Monde ».






