Publié le 24 août 2026 à 06:00.

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Paris, au tournant des XVIIIe et XIXe siècles. La Révolution française vient de bouleverser l’ordre établi et Abraham-Louis Breguet, contraint à l’exil en Suisse de 1793 à 1795, profite de cet éloignement forcé pour approfondir certaines de ses réflexions et repenser l’avenir de sa maison. C’est à Neuchâtel, puis au Locle, qu’il laisse mûrir une idée qui le hante depuis plusieurs années.

La genèse d’une révolution horlogère

Le défi qu’il cherche à relever touche à l’essence même de la mesure du temps: comment compenser les effets de la gravité sur la précision d’une montre? Le balancier et le spiral, organes régulateurs du mouvement, voient leurs oscillations perturbées lorsque la montre est maintenue en position verticale, comme c’est alors presque toujours le cas pour les montres de poche. La régularité de leur marche s’en trouve affectée.A.-L. Breguet imagine alors un système de cage dans lequel l’échappement et l’organe réglant sont réunis puis entraînés en rotation permanente autour d’un axe. Ce mouvement permet au centre de gravité du dispositif de se replacer continuellement sur cet axe, afin de compenser les effets d’une oscillation inégale lorsque la montre reste immobile en position verticale. En «brassant» ainsi l’ensemble des positions verticales, le tourbillon permet d’améliorer la précision moyenne de la montre.Le brevet est obtenu le 7 messidor an IX, soit le 26 juin 1801. Il aura fallu six ans entre le retour de Breguet à Paris et l’homologation officielle de son système, puis six années supplémentaires avant les premières ventes. Entre 1796 et 1829, A.-L. Breguet et ses collaborateurs réaliseront 40 tourbillons, auxquels s’ajouteront neuf pièces jamais achevées, pour une invention appelée à traverser plus de deux siècles.