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EnquêteLa littérature canadienne francophone suscite depuis quelques années un engouement croissant sur le marché hexagonal, qui se confirme en cette rentrée littéraire. Porté d’abord par le travail de maisons indépendantes qui, outre-Atlantique, ont fait émerger une nouvelle génération d’écrivains, cet élan doit aussi beaucoup au soutien du gouvernement de la province du Québec.

C’était au mois de février. Comme cela arrive de temps en temps, la petite communauté des éditeurs de littérature étrangère est entrée en ébullition, et en concurrence, autour d’un texte. Particularité : il était signé d’un Québécois inconnu, primo-romancier de surcroît, mais était jugé si prometteur que neuf éditeurs ont renchéri, proposant tous plusieurs dizaines de milliers d’euros pour acquérir le roman. Joachim Schnerf, à la tête du domaine étranger chez Grasset, l’a emporté (pour un montant qu’il tient à garder confidentiel, mais qui avoisinerait les 80 000 euros).

C’était ça ou mourir, sorti le 19 août, est l’un des principaux enjeux commerciaux de la rentrée littéraire de la maison (bousculée au printemps par l’éviction brutale de son patron, Olivier Nora, sur décision de son propriétaire, Vincent Bolloré). Le livre de Thélyson Orélien, qui suit le périple d’un professeur haïtien de son île d’origine jusqu’au Canada, côtoie sur les tables des librairies nombre de ses compatriotes québécois.