Les librairies franco-canadiennes indépendantes à l’extérieur du Québec sont rares. Manquant de garde-fous pour les protéger, des dizaines de librairies ont fermé leurs portes dans les dernières années. Selon un décompte du Devoir, il en resterait 11 au pays en 2026.Elles étaient 12 en Ontario seulement en 2009. Depuis la fermeture de la dernière librairie francophone de Toronto, et l’ouverture d’une petite boutique à Hearst en 2025, elles sont désormais 4 à desservir la province au complet.Lynda Grimard-Watt a été contrainte récemment de fermer sa boutique, le Children’s French Book Corner, à Toronto. « Il y a eu des moments difficiles, dont la dernière année. Après avoir longuement réfléchi, j’en suis venue à la décision que je ne pouvais plus garder la librairie ouverte. »Depuis, elle aide les écoles locales à sélectionner leurs livres francophones, en tant que distributrice. « Comme ça, je continue à contribuer », estime-t-elle.

Sans grande surprise, c’est le Nouveau-Brunswick, la seule province bilingue, qui détient le plus grand nombre de librairies francophones après le Québec. Malgré la fermeture de la librairie La Grande Ourse à Dieppe, en 2023, cinq librairies sont toujours en activité.Le reste du pays doit se contenter de deux librairies francophones, l’une au Manitoba et l’autre en Saskatchewan.Alexandre Chartier est directeur général de la société historique de la Saskatchewan, propriétaire de la librairie Nation fransaskoise. Il s’agit de la boutique de livres francophones la plus à l’ouest du pays. Au-delà de vendre des livres, explique-t-il, « on est un acteur actif de la communauté francophone ».